Après deux grandes compétitions internationales conclues sur des résultats décevants — les Mondiaux de Saalbach 2025 puis les Jeux olympiques de Milan-Cortina, la Fédération Française de Ski a lancé les États généraux du ski alpin de compétition. Annoncée dès le 22 février par son président, Fabien Saguez, cette vaste consultation doit nourrir une réflexion sur l’avenir de la discipline. TopSkiNews revient sur les objectifs de ces États généraux du ski alpin, le niveau de participation et les principaux enjeux qui en découlent, tout en présentant sa propre contribution.
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C’est lors de la conférence de presse de clôture de la délégation française aux Jeux Olympiques de Milan-Cortina, en février dernier, que le président de la Fédération Française de Ski, Fabien Saguez, a annoncé la tenue des États généraux du ski alpin. « On ne peut pas s’absoudre du fait qu’effectivement, structurellement, on a un travail à réaliser. Je mettrai en place très rapidement après la fin de saison des États généraux du ski alpin. On arrive à un moment où on doit parler avec les clubs et avec les comités de ski d’un projet commun. Entre le débriefing très haut niveau de l’ANS, notre débriefing interne, staff, athlètes, il faut que structurellement on arrive à évoluer. Ces États généraux seront là pour ça. »
Une annonce dans un contexte sportif difficile
Cette déclaration a été prononcée le 22 février dernier, lors de la conférence de presse de clôture de la délégation française aux Jeux Olympiques de Milan-Cortina. Au moment de dresser le bilan de l’olympiade, Fabien Saguez annonce la tenue, dès la fin de la saison, d’États généraux du ski alpin de compétition.
L’annonce intervient dans un contexte particulièrement délicat pour le ski alpin français. Les Jeux Olympiques se sont achevés avec une seule médaille, loin, très loin des attentes. Un an plus tôt, lors des Championnats du monde de Saalbach 2025, l’équipe de France était repartie fanny. Deux grands rendez-vous internationaux aux résultats insuffisants qui ont suscité bon nombre de critiques.
Une réflexion collective sur l’avenir du ski alpin
Les États généraux du ski alpin de compétition ont pour ambition d’engager une réflexion collective sur l’avenir de la discipline. Leur objectif est d’analyser les forces et les faiblesses du modèle actuel afin de faire émerger des propositions d’amélioration.
La Fédération a souhaité ainsi mobiliser l’ensemble de l’écosystème du ski alpin : fédération, comités de ski, clubs, entraîneurs, bénévoles, parents, athlètes et partenaires, autour d’une vision commune et d’une dynamique de concertation.
Cette démarche d’écoute interne n’a rien de révolutionnaire. Dans le monde de l’entreprise, depuis très longtemps, il est fréquent que des organisations confrontées à des difficultés ou souhaitant préparer leur avenir mettent en place ce type de consultation afin de recueillir les analyses du terrain avant de définir une nouvelle feuille de route. L’innovation ne réside pas dans la méthode, mais dans la capacité à transformer les constats en décisions concrètes.

Une mobilisation modeste qui interroge
La phase de consultation s’est traduite par les chiffres de participation suivants :
- 158 contributions libres ;
- 30 participants aux échanges collectifs en visio ;
- 105 participants au séminaire de travail du 23 juin ;
- 25 entretiens individuels.
À cela s’ajoutent 414 inscriptions à la newsletter dédiée aux États généraux.
Cette faible mobilisation peut surprendre. Au regard des dizaines de milliers de licenciés que compte la Fédération Française de Ski, elle apparaît très limitée, même si la qualité des contributions primera naturellement sur leur nombre.
Dès leur lancement, les États généraux ont suscité un certain scepticisme sur les réseaux sociaux, plusieurs observateurs doutant de leur capacité à déboucher sur de véritables changements.
Une autre question mérite d’être posée : quelle a été la participation des athlètes des équipes de France, concernés au plus haut point par ce sujet ? Ils n’ont pas été sollicités spécifiquement, mais ils pouvaient contribuer au même titre que l’ensemble des acteurs de la filière. Combien d’entre eux ont effectivement participé ? Leur retour d’expérience aurait constitué un éclairage particulièrement avisé et précieux sur les réalités du haut niveau.
La contribution de TopSkiNews
TopSkiNews a choisi de prendre part à cette démarche. Nous avons adressé une contribution libre intitulée « Donner au ski alpin français les moyens de ses ambitions ». Nous avons également participé à l’un des temps d’échanges organisés en visioconférence.
Notre réflexion repose sur un constat qui peut sembler paradoxal.
Le ski alpin français dispose de nombreux atouts. Il peut s’appuyer sur une histoire prestigieuse, des champions reconnus dans le monde entier, les plus grands domaines skiables de la planète, un savoir-faire reconnu dans l’organisation de grandes compétitions internationales ainsi qu’une économie de la montagne parmi les plus puissantes au monde.
Pourtant, derrière ces forces, deux fragilités structurelles limitent aujourd’hui le développement du ski alpin de compétition français :
- Un déficit chronique de ressources financières que seule une stratégie de partenariat nouvelle et ambitieuse pourra combler.
- Une visibilité médiatique insuffisante auprès du grand public. Une grande partie des compétitions de ski alpin est diffusée sur des chaînes payantes ou dans des formats qui limitent fortement son exposition.
Ces deux enjeux s’alimentent mutuellement. Moins de visibilité entraîne moins de partenaires. Moins de partenaires limitent les moyens consacrés à la performance. Des moyens limités rendent plus difficile la conquête de nouvelles audiences et peuvent impacter les performances des athlètes.
C’est autour de ces deux enjeux majeurs que s’articule la contribution libre de TopSkiNews. Notre conviction est qu’au-delà des questions d’organisation, de détection ou de préparation sportive, le ski alpin français devra également relever rapidement ces défis économiques et médiatiques s’il veut retrouver durablement le rang qui a longtemps été le sien sur la scène internationale. La France peut-elle durablement se satisfaire d’une sixième place au classement des nations du ski alpin ?
La restitution des États généraux est prévue au cours du mois d’octobre, avant le lancement de la prochaine saison de Coupe du monde. Le format retenu n’a cependant pas encore été communiqué.
Reste désormais à savoir si cette consultation permettra réellement de remettre le ski alpin français sur la bonne trajectoire, ou si elle se conclura par une sortie de piste !











