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Les (bons) mots pour le dire : quand Hugo Desgrippes nous parle de préparation mentale

Les skieurs parlent volontiers de leur performance, de leur matériel, de leur préparation physique ou de leurs objectifs. Beaucoup plus rarement de leur préparation mentale. Dans un message publié sur LinkedIn, Hugo Desgrippes fait exception.

Photo copyright Agence Zoom/Christophe Pallot

Dans un post publié récemment sur son compte linkedIn, le slalomeur de l’équipe de France Hugo Desgrippes raconte avec beaucoup de justesse comment il a appris à gérer l’échec, à en tirer des enseignements… puis à tourner la page. Un témoignage rare qui rappelle que, dans le ski alpin, la bataille la plus difficile ne se joue pas uniquement entre les piquets.

« Rater une course, c’est facile. Ce qui est dur, c’est la semaine d’après. »

En une phrase, Hugo Desgrippes résume une réalité que connaissent tous les skieurs de haut niveau.

Contrairement aux sports où l’on peut rapidement se racheter, comme par exemple au tennis, le calendrier de la Coupe du monde impose souvent plusieurs jours d’attente avant de retrouver le portillon de départ. Une semaine entière avec la course ratée en tête et le doute qui peut s’installer.

Le skieur de La Clusaz ne cherche pas à masquer cette réalité. « Pendant longtemps, cette semaine était mon pire ennemi » confie t-il. Il explique qu’il a longtemps vécu ces périodes comme un véritable combat intérieur.

Le droit d’analyser… mais pas de s’y enfermer

Le cœur de son message repose sur une méthode simple. Après une contre-performance, Hugo Desgrippes s’accorde une période limitée, « une fenêtre », pour comprendre ce qui n’a pas fonctionné.

Technique, mental, physique : tout est passé au crible. Mais cette analyse possède une date de fin. « Je m’accorde une fenêtre. Une demi-journée, une journée au maximum », précise-t-il.

Une fois les conclusions tirées, il tourne la page.

Non pas parce que l’échec serait sans importance.

Mais parce qu’il sait désormais qu’à trop vouloir comprendre, on finit parfois par empêcher la suite de s’écrire.
« L’analyse est utile, mais elle a une limite dans le temps. Trop court, tu n’apprends rien. Trop long, tu te noies. »

Une préparation mentale rarement évoquée

C’est sans doute l’aspect le plus intéressant de cette publication. Les skieurs de l’équipe de France de ski alpin parlent assez peu d’eux-mêmes du travail mental réalisé avec leurs préparateurs.

Hugo Desgrippes assume pourtant de mettre ce sujet au premier plan. Il explique que cet équilibre est le fruit d’un accompagnement mental spécifique réalisé avec ses préparateurs. Depuis 7 ans !

Une réflexion intéressante qui dépasse largement le cadre du ski alpin.

Le poids de l’attente

Le post de Desgrippes met également en lumière une caractéristique propre au ski. Dans pas mal de sports, une erreur peut être effacée assez rapidement par la suite.

En ski alpin, un mauvais résultat accompagne souvent l’athlète pendant plusieurs jours. Cette temporalité particulière explique pourquoi la préparation mentale est devenue un élément incontournable de la performance moderne.

Savoir skier vite ne suffit plus. Il faut aussi savoir digérer une déception.

Les mots d’une génération

Ce post illustre aussi l’évolution de la parole des sportifs. Il y a quelques années, évoquer publiquement son travail mental restait exceptionnel.

Aujourd’hui, une nouvelle génération d’athlètes accepte davantage de partager les coulisses de la performance. Sans dramatiser. Sans chercher à donner des leçons. Simplement pour expliquer comment fonctionne leur quotidien.

Cette transparence contribue aussi à mieux faire comprendre les exigences du très haut niveau. Un athlète traverse en effet des moments de vie et des émotions que peu de gens vivent.

Plus qu’un message, une leçon

Le post d’Hugo Desgrippes ne parle finalement pas seulement de ski.

Il parle du rapport à l’échec. Accepter de prendre le temps de comprendre. En tirer une conclusion. Puis avancer.

Une philosophie qui vaut autant entre les piquets et qui, aussi, déborde largement du sport.

Et c’est peut-être pour cela que le message d’Hugo mérite d’être lu bien au-delà du monde du ski.

Lire l’intégralité du message d’Hugo Desgrippes.

Hugo Desgrippes en janvier dernier à l’occasion du slalom nocturne de Schladming en Autriche – Photo copyright Agence Zoom/Alexis Boichard