À l’issue d’un vote extrêmement serré organisé lors du Congrès de la Fédération internationale de ski et de snowboard (FIS) à Belgrade, le Liechtensteinois Alexander Ospelt a été élu président de l’instance mondiale. Il succède à Johan Eliasch, dont la gouvernance faisait l’objet de critiques croissantes, notamment sur les questions financières et managériales.
Photo Credit: FIS / Action Press / Marko Djokovic
Une victoire d’une seule voix
La Fédération internationale de ski et de snowboard entre dans une nouvelle ère. Réunis à Belgrade pour le congrès annuel de l’organisation, les délégués ont porté Alexander Ospelt à la présidence de la FIS au terme d’un scrutin particulièrement disputé.
Le représentant du Liechtenstein, âgé de 59 ans, s’est imposé d’une courte tête face au président sortant Johan Eliasch. Le résultat final illustre parfaitement les divisions qui traversaient l’instance : 65 voix pour Ospelt contre 64 pour son adversaire.
Membre du comité exécutif de la FIS depuis 2024, l’avocat liechtensteinois bénéficiait du soutien de plusieurs fédérations majeures, notamment celles de Suisse et d’Autriche, qui souhaitaient voir l’organisation évoluer vers une gouvernance plus consensuelle.
Une défiance grandissante envers Johan Eliasch
Cette élection intervient après plusieurs années de tensions autour de la présidence de Johan Eliasch. L’homme d’affaires anglo-suédois, à la tête de la FIS depuis 2021, faisait face à des critiques de plus en plus nombreuses de la part des grandes nations du ski.
Son style de management, jugé peu transparent et très centralisé, a suscité des interrogations au sein de nombreuses fédérations. Ses projets visant à renforcer le contrôle de la FIS sur les droits commerciaux du ski ont également alimenté les débats.
Les préoccupations concernaient aussi la situation financière de l’organisation. Plusieurs acteurs du ski international ont alerté sur une dégradation significative des finances de la fédération, avec une diminution du patrimoine estimée à plus de 80 millions de francs sous la présidence Eliasch et un déficit approchant les 100 millions de francs selon plusieurs observateurs.
Le pari d’une gouvernance plus collaborative
Face à ce contexte, Alexander Ospelt a construit sa campagne autour d’un message de rassemblement et de dialogue.
Le nouveau président a défendu une vision plus participative de la gouvernance, estimant que toutes les parties prenantes devaient pouvoir contribuer aux décisions de la fédération. Selon lui, les solutions les plus efficaces naissent d’échanges ouverts entre les différentes fédérations et disciplines représentées au sein de la FIS.
Après son élection, il a réaffirmé sa volonté de travailler dans un esprit d’unité :
« Je serai le président de vous tous. Soyons unis pour notre sport. Faisons notre travail pour la prochaine génération afin qu’elle puisse être fière de nous. Faisons ce chemin ensemble. »
Alexander Ospelt prendra officiellement ses fonctions dès le lendemain de son élection.
Un premier chantier : la succession de Michel Vion
Le nouveau président devra rapidement s’atteler à la recomposition de l’équipe dirigeante de la fédération.
Michel Vion, secrétaire général de la FIS depuis cinq ans, a en effet présenté sa démission. Âgé de 66 ans, l’ancien champion du monde de combiné nordique de 1982 quitte ses fonctions après avoir accompagné plusieurs réformes importantes au sein de l’organisation.
Son départ ouvre un nouveau dossier stratégique pour la future gouvernance de la fédération.
Une double défaite pour Johan Eliasch
Pour Johan Eliasch, cette élection marque un tournant majeur. En perdant la présidence de la FIS, il perd également son siège au Comité international olympique (CIO), qu’il occupait en raison de ses fonctions à la tête de la fédération internationale.
Cette déconvenue s’ajoute à un autre revers récent : sa candidature à la présidence du CIO, finalement remportée en mars dernier par la Zimbabwéenne Kirsty Coventry.
Dans son discours, Eliasch a félicité son successeur tout en laissant entendre que le CIO aurait tenté d’influencer le vote organisé à Belgrade. Une déclaration qui témoigne du climat particulièrement tendu ayant entouré cette élection.
Avec l’arrivée d’Alexander Ospelt, la FIS entame désormais une nouvelle phase de son développement, marquée par la volonté affichée de restaurer la confiance entre les fédérations et de redresser une organisation confrontée à d’importants défis financiers et institutionnels.











