Athlètes en progression, retours marquants, places nominatives, jeunes espoirs de la relève, ambitions des groupes : la publication des équipes de France de ski alpin 2026-2027 aurait pu devenir un véritable outil de valorisation du ski français. Elle est restée une simple liste de noms.
Sur le papier, le communiqué remplit sa mission : les groupes A, B et Relève sont constitués, les entraîneurs identifiés et les athlètes sélectionnés mentionnés. Mais il est passé à côté d’un enjeu devenu essentiel : valoriser le ski alpin français.
A l’heure où les fédérations nationales de ski cherchent à renforcer leur visibilité auprès du grand public, des partenaires et des médias, cette annonce aurait également pu devenir un meilleur outil de valorisation du ski français.
Car derrière chaque nom figurant sur ces listes se trouvent des victoires, des déceptions, des blessures, des retours au premier plan, des trajectoires sportives et des années de travail souvent invisibles. Tout cela mériterait davantage qu’une simple ligne avec un nom et un prénom dans une liste de sélection !

Donner davantage de visibilité aux femmes et aux hommes qui construisent la performance
Le communiqué fédéral mentionne naturellement l’ensemble de l’encadrement du ski alpin français, depuis David Chastan, directeur ski alpin, Lionel Pellicier et Frederic Perrin, responsables des équipes de France féminine et masculine, jusqu’aux responsables des différents groupes. Cette présence dans la communication est importante. Mais elle reste essentiellement « administrative ».
Le maintien quasi intégral des staffs est loin d’être anodin. Il traduit la confiance accordée aux orientations techniques engagées ces dernières saisons malgré des résultats en retrait sur la scène internationale.
Un choix qui intervient pourtant après deux hivers frustrants, marqués par le zéro médaille des Mondiaux de Saalbach puis par une campagne olympique sauvée par la médaille d’argent de Romane Miradoli.
À l’image de ce que certaines grandes nations du ski alpin mettent en place dans leur communication, il aurait été intéressant d’accompagner ces nominations de quelques mots sur les ambitions de chaque collectif pour l’hiver à venir.
Valoriser les entraîneurs, c’est aussi valoriser le projet sportif qu’ils portent au quotidien.
Sans les slalomeurs, le bilan français aurait été bien plus sombre
La lecture de la sélection ne permet pas forcément de mesurer le poids qu’ont représenté nos slalomeurs dans les résultats français de l’hiver dernier.
C’est particulièrement vrai pour le secteur masculin.
Autour de Clément Noël, les slalomeurs français ont été les principaux pourvoyeurs de podiums et de victoires en Coupe du monde. Le leader vosgien a une nouvelle fois confirmé son statut parmi les références mondiales de la discipline.
La saison a également été marquée par l’émergence de Paco Rassat, révélation française de l’hiver en slalom avec deux victoires et trois podiums.
Autre trajectoire remarquable, celle de Victor Muffat-Jeandet qui a poursuivi sa remontée dans la hiérarchie mondiale après plusieurs saisons compliquées. Son retour progressif au plus haut niveau constitue l’une des belles histoires récentes du ski français.

Pour le groupe féminin, encore éloigné des podiums, les progrès sont notables avec notamment plusieurs Top 10 pour Marion Chevrier et Caitlin McFarlane.
Rappeler ces performances et ces progressions n’aurait fait de mal à personne.
Le retour de Cyprien Sarrazin, symbole de résilience
Parmi les noms figurant dans le groupe vitesse hommes, celui de Cyprien Sarrazin revêt une signification particulière.
Victime d’une grave blessure à l’entraînement à Bormio en décembre 2024, le double vainqueur de Kitzbuhel a traversé une longue période de rééducation avant de retrouver progressivement le chemin de la sélection.
Sa présence dans les équipes de France 2026-2027 constitue évidemment une excellente nouvelle pour le ski tricolore et pour les fans de ski.
Au-delà de la simple sélection, son retour raconte ce que le sport de haut niveau produit de plus fort : la capacité à se reconstruire après un coup d’arrêt brutal.
Le ski alpin se raconte aussi avec de belles histoires humaines.
Romane Miradoli, figure de proue de la vitesse féminine
Du côté des femmes, l’annonce de la sélection intervient après une saison qui a permis à Romane Miradoli de s’affirmer plus que jamais comme la leader de la vitesse française.
Sa médaille d’argent olympique en Super-G à Cortina d’Ampezzo restera comme l’un des grands moments du ski alpin français de l’hiver dernier. Elle a permis d’éviter à la France de rentrer bredouille des JO de Milan-Cortina. Un an après le fanny des Mondiaux de Saalbach !
Aujourd’hui, son expérience et ses résultats font naturellement d’elle l’une des locomotives du collectif féminin. Le rappeler, c’est reconnaître la dimension qu’a désormais prise Romane Miradoli dans le ski mondial.
Les performances européennes, fondement de places nominatives
Chaque hiver, des athlètes gagnent leur place nominative en Coupe du monde grâce à leurs résultats sur le circuit européen. Les classements généraux en Coupe d’Europe et les places nominatives en résultant représentent souvent des étapes déterminantes dans la construction d’une carrière internationale.
Ils sont quatre tricolores à les avoir conquises : Ken Caillot (Descente), Adrien Fresquet (Super-G), Hugo Desgrippes et Auguste Aulnette (slalom).
Les nommer aurait permis de valoriser leurs résultats obtenus sur la neige européenne. Une sélection gagne toujours en lisibilité lorsque le chemin qui y conduit est clairement valorisé.
De jeunes espoirs qui veulent incarner l’avenir
Plusieurs jeunes athlètes se sont illustrés brillamment lors des derniers Championnats du monde junior de Narvik, trustant les titres en vitesse et combiné, avec notamment Emy Charbonnier, Ilona Charbotel, Victor Haghighat et Nash Huot-Marchand. On les retrouve désormais en équipe de France B.
Les groupes Relève occupent une place particulière dans l’organisation fédérale. Ils représentent un réservoir de talents indispensable à la performance future des bleus du ski alpin.
Mettre en avant leurs performances aurait permis de donner un visage à ces jeunes espoirs du ski français, qui devront porter les ambitions tricolores dans les années à venir.
Et si l’annonce de la sélection devenait un vecteur de communication
Dans un environnement où l’attention du public est devenue une ressource précieuse, chaque prise de parole représente une opportunité.
L’annonce d’une sélection nationale ne doit plus seulement être un document administratif destiné aux initiés. Elle peut également devenir un récit collectif mettant en lumière les athlètes, les entraîneurs et les performances qui façonnent une saison.
Le ski alpin français n’a sans doute jamais eu autant besoin de raconter ses athlètes, ses entraîneurs et ses réussites. Les sélections nationales offrent précisément cette opportunité.
Encore faut-il choisir d’en faire autre chose qu’une simple liste de noms.











