Avant de s’envoler dimanche pour La Parva au Chili, le groupe Vitesse tricolore s’apprête à retrouver les longues courbes, les kilomètres à haute vitesse et les conditions hivernales. A la tête du ce groupe vitesse Coupe du monde hommes, Xavier Fournier-Bidoz détaille les enjeux de ce stage, livre son regard et affiche sa confiance pour une équipe qui ne manque pas de potentiel. Reste désormais à « mettre au fond ».
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Qu’as-tu retenu de la saison passée pour le groupe vitesse ?
En Coupe du monde, j’ai retenu qu’il y avait eu de bonnes choses, notamment avec Nils Allègre et Maxence Muzaton, mais aussi Nils Alphand sur certaines courses. Il a réalisé une très belle semaine à Val Gardena.
Maxence a réussi à concrétiser à Kitzbühel avec son podium. Matthieu Bailet est également passé tout près d’un gros coup à Livigno. La suite de sa saison a été un peu plus difficile. Blaise Giezendanner revenait de blessure, donc c’était forcément un peu plus compliqué pour lui, mais il a bien tenu son rang.
J’ai aussi été satisfait des performances de Charles Gamel-Seigneur et Sam Alphand. Et puis Alban Elezi Cannaferina a réussi une belle première saison en vitesse, avec notamment son excellent week-end à Kitzbühel.

Concernant les JO de Milan-Cortina, je suis resté très frustré par la quatrième place de Nils, comme lui évidemment. Il a tout fait pour aller chercher cette médaille et, malheureusement, il termine à seulement trois centièmes du podium. C’était frustrant parce qu’on avait vraiment tout mis en place pour y parvenir. Au final, on est restés au pied du podium.
Nils a malgré tout réalisé de très bons Jeux, même s’il n’y a pas eu cette médaille. On garde forcément un peu de frustration par rapport à ça, mais je suis très content de son état d’esprit et de la manière dont il a abordé ces JO.

Le stage de Zermatt début août n’a pas pu avoir lieu. Qu’est-ce que cette annulation change dans la préparation du groupe vitesse ? Est-ce simplement quelques journées de ski perdues, ou cela t’a obligé à revoir le contenu du stage au Chili ?
On était sur la route de Zermatt quand on a appris que le glacier fermait ! Ce stage était prévu sur une durée de cinq jours. L’objectif était surtout de permettre aux athlètes de retrouver les skis après une longue séquence consacrée à la préparation physique.
Ce que l’on va changer au Chili, c’est que nos athlètes disposeront d’un peu plus de temps au début du stage pour retrouver leurs sensations et reprendre leurs repères avant de passer progressivement à la vitesse et de monter en intensité.
On va donc s’adapter, il n’y aura pas de souci particulier. D’autant plus qu’il y a beaucoup de neige au Chili actuellement et que c’est plutôt bien pour skier !
Après plusieurs mois consacrés essentiellement au physique, dans quel état de forme se trouve ton groupe avant son départ au Chili ?
Nos athlètes sont plutôt en bonne forme. C’est vrai que cette période consacrée au travail physique est un peu longue cette année. Forcément, ils commencent à avoir vraiment hâte de rechausser les skis.
Physiquement, ils sont prêts. La seule exception concerne Sam Alphand, qui s’est fait opérer de l’épaule il y a deux mois. Il ne viendra donc pas avec le groupe au Chili. S’il se rétablit bien et que tout évolue comme prévu, il pourrait rejoindre le groupe Coupe d’Europe à Ushuaia.
Pour le reste de l’équipe, il y a toujours quelques petits bobos, comme chaque année à cette période de la préparation. Mais globalement, ça va plutôt bien.
Quels sont les athlètes qui s’envolent vers le Chili ce dimanche ?
Les athlètes qui partent au Chili sont Nils Allègre, Maxence Muzaton, Blaise Giezendanner, Nils Alphand, Matthieu Bailet, Ken Caillot, Charles Gamel-Seigneur, Adrien Fresquet et Alban Elezi Cannaferina.
Alban restera une dizaine de jours à La Parva avant de rejoindre ensuite le groupe technique à Ushuaia, en Argentine.
Tu n’as pas mentionné Cyprien Sarrazin…
Cyprien ne participera pas au stage vitesse au Chili. C’est un choix que nous avons fait ensemble avec lui, Fred Perrin, Kevin Page et moi-même. Il sera en revanche avec le groupe technique qui part à Ushuaia début septembre.
Cyprien sera à Ushuaia pour faire davantage de technique avant de passer à la suite et retrouver progressivement la vitesse. Il a réalisé une bonne préparation physique et il a également skié avec le groupe vitesse lors de notre stage à Val-d’Isère fin avril, puis avec le groupe technique en juin.
Pour l’instant, tout se passe bien. Tous les feux sont au vert.
Est-ce que le format du stage au Chili reste identique à celui de l’an dernier ?
Dans l’ensemble, la durée sera identique à l’an dernier avec 15 jours à la Parva, du 23 août au 7 septembre, et 10 jours à Nevados de Chillán, du 10 au 19 septembre).
Le séjour à Nevados de Chillán sera toutefois raccourci de trois jours. Par ailleurs, la période de repos à Santiago entre les deux stages sera également plus courte.
Quels sont les objectifs de ce stage ? Pourquoi se déroule-t-il dans deux stations chiliennes ?
Le premier objectif au Chili est de rechausser les skis de vitesse. Nous allons pouvoir retrouver des conditions de neige hivernales, affiner les réglages du matériel et accumuler les kilomètres à haute vitesse, principalement sur des tracés de descente et de Super-G. À La Parva comme à Nevados de Chillán, nos athlètes pourront travailler sur différents profils de pistes et évoluer dans de vraies conditions de descente, avec des vitesses élevées.
Pour certains d’entre eux, ce stage sera également l’occasion de disputer leurs premières courses de la saison dans le cadre de la South American Cup. Deux descentes et deux Super-G sont programmés du 2 au 4 septembre à La Parva. Ces épreuves pourront notamment leur permettre d’améliorer leurs points FIS dans ces disciplines.
Le choix de répartir le stage entre La Parva et Nevados de Chillán répond aussi à une volonté de varier les profils de pistes et les conditions d’entraînement. Cela permet aux athlètes de travailler dans des configurations différentes, tout en apportant de la variété à un stage relativement long.
Sur l’ensemble du stage au Chili, comment se répartissent les journées de ski entre les différentes disciplines ?
On démarre généralement le stage au Chili par un peu de géant et des tracés de Super-G assez faciles, afin de reprendre progressivement nos repères. Ensuite, le programme est relativement équilibré entre les séances de descente et de Super-G.
À titre d’exemple, sur un profil de piste de Super-G, les athlètes peuvent effectuer entre 10 et 15 manches par jour, chacune durant entre 35 et 45 secondes. Ce volume nous permet de faire tourner les skis et de travailler sur les différents réglages du matériel.
Sur une véritable piste de descente, le fonctionnement est différent. Les athlètes réalisent généralement entre 4 et 6 manches par jour, avec des temps de ski compris entre 1 min 15 s et 1 min 20 s par manche.
Quand on parle du Chili au mois d’août, on ne peut s’empêcher de penser à Portillo. Il y a 60 ans, le ski français y écrivait l’une des plus belles pages de son histoire… Est-ce que cette épopée résonne encore pour toi aujourd’hui ?
Oui, bien sûr. Je connais cette très belle histoire du ski français, peut-être aussi parce que je suis un peu plus âgé que les gars ! Pour nos plus jeunes athlètes, je ne suis pas certain que cette épopée leur parle autant… d’autant qu’ils n’étaient évidemment pas nés !
Quand on se replonge dans ce qui s’est passé à Portillo, on ne peut qu’être admiratif des performances de cette équipe, qui avait remporté 16 médailles sur 24 possibles. C’est un résultat exceptionnel, qui a marqué l’histoire de notre sport et largement contribué à l’essor du ski en France.
Tu me disais l’année dernière que le groupe Vitesse, c’était comme une famille. Est-ce que cette année, tu dirais toujours la même chose ?
Oui, même si la famille a un peu évolué. Certains anciens nous ont quittés, notamment Adrien Théaux, tandis que de nouveaux jeunes nous ont rejoints.
Il y a eu également quelques changements dans notre staff. Patrice Pacquier, notre préparateur physique, a été remplacé par Thibaut Trameau. Patrice travaille désormais au CNE, à Albertville, où il s’occupe des jeunes.
Nous avons aussi intégré deux nouveaux coachs, Cyril Vieux, qui vient de la Coupe d’Europe, et John Troch. Avec Yannick Bertrand et Christophe Saioni, le groupe peut désormais compter sur cinq entraîneurs. Cela va nous permettre de gagner en flexibilité dans notre organisation, aussi bien pendant les stages que lors des courses.
Quand le Groupe rentrera du Chili le 22 septembre, il restera encore une longue période avant le premier départ de la saison de vitesse…
Ce n’est effectivement pas simple à gérer, avec encore toute cette période d’attente. Et pour le ski, si les conditions ne s’améliorent pas, ça ne va pas être évident non plus.
On a prévu deux stages : un premier de six jours à Zermatt à la mi-octobre, puis un second à la fin du mois, dont le lieu reste encore à définir en fonction des conditions météo.
Ensuite, on s’envolera pour les États-Unis le 12 novembre. À partir de là, tout va s’enchaîner très vite jusqu’au premier portillon de départ de l’hiver, celui du Super-G de Copper Mountain, le 28 novembre.
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À un peu plus de trois mois du début de la saison, qu’est-ce qui te permet d’être optimiste pour ce groupe Vitesse ?
Ce qui me rend optimiste, c’est d’abord ce que j’ai vu la saison dernière.
On a un groupe d’athlètes avec beaucoup de qualités. Maintenant, pour reprendre une expression footballistique, il faut qu’ils « mettent au fond », qu’ils parviennent à concrétiser tout ce potentiel en course.
Nils Allègre et Maxence Muzaton sont toujours bien présents. Ils ont tous les deux de grosses qualités et beaucoup de potentiel. Ils ont réalisé une belle saison l’année dernière et je pense qu’ils peuvent poursuivre sur cette dynamique.
On verra aussi, au fil de la saison, comment les choses évoluent avec Cyprien Sarrazin.
Certains « jeunes » ont également commencé à montrer le bout de leur nez la saison dernière : Alban Elezi Cannaferina, Sam Alphand, Charles Gamel-Seigneur, Adrien Fresquet… Je pense qu’ils vont continuer à progresser et à monter en puissance.
Maintenant, il faut que tous nos athlètes soient encore plus performants et surtout montrent en course ce dont ils sont capables. Je suis assez confiant dans leur capacité à le faire, même si on sait qu’en face, il y a des équipes très fortes et que la concurrence sera relevée.











