Après 18 années passées chez Rossignol, la skieuse américaine Paula Moltzan a choisi de changer d’équipementier. En rejoignant Van Deer-Red Bull Sports, elle ouvre un nouveau chapitre de sa carrière. Paula Moltzan participera directement au développement des premiers skis féminins de compétition de la marque de Marcel Hirscher.
Photo copyright Andreas Putz / VAN DEER-Red Bull Sports
Qu’est-ce qui vous a convaincue que c’était le bon moment pour changer ?
Tout est une question de timing et, pour être honnête, je ne cherchais pas à changer. Quand Van Deer Red Bull Sports m’a contactée la première fois, l’idée de quitter ma marque ne m’avait pas du tout effleurée.
Mais plus j’ai laissé l’idée mûrir, plus il m’est apparu que je ne pouvais pas laisser passer cette occasion : contribuer à créer de toutes pièces un programme de skis de compétition pour les femmes. Ce genre d’apport créatif ne se présente pas souvent dans ce sport.
Cette décision a-t-elle été difficile à prendre sur le plan personnel ? Pour combien de temps vous êtes-vous engagée ?
Oui, très, honnêtement. Toute ma carrière s’est construite avec une seule marque. Toutes les manches que j’ai faites en tant que professionnelle, je les ai faites sur des skis Rossignol. Il y a un vrai attachement affectif : ce n’est pas qu’une question de matériel, c’est dix-huit ans d’histoire.
Cela a rendu cette décision difficile à prendre. Mais j’ai signé pour deux ans avec Van Deer et je compte bien tirer le meilleur de ce nouveau chapitre.
Pourquoi Van Deer ? Qu’est-ce que l’équipe de Marcel Hirscher vous a proposé que vous ne pouviez pas trouver ailleurs ?
La possibilité de réellement façonner les skis avec lesquels je vais courir. Pas seulement de donner mon avis sur quelques détails. Mais participer pleinement au processus de développement.
Et je serai accompagnée par une équipe totalement investie pour trouver, avec moi, le meilleur réglage possible.
Vous serez la première femme à courir en Coupe du monde avec Van Deer. Cet aspect pionnier a-t-il compté dans votre décision ?
Oui. Il y avait quelque chose d’excitant à être la première.
Savoir que j’allais contribuer à poser les bases de ce qui viendra ensuite a rendu cette opportunité beaucoup plus grande que mes seuls résultats.
Rejoindre une jeune marque et développer du matériel en partant de zéro faisait-il partie de ce qui vous attirait ?
Absolument. Pouvoir imaginer, tester et développer moi-même le matériel a énormément compté dans ma décision. C’est très différent que d’arriver dans un projet où tout est déjà établi.
C’est une liberté créative rare pour une athlète.
Quelles ont été vos premières impressions après vos premiers tests avec Van Deer ?
J’en suis sortie impressionnée, sincèrement. La culture de l’équipe et le niveau d’accompagnement pendant les tests m’ont immédiatement marquée.
Ils sont venus préparés, avec toute une gamme de configurations à essayer. Ils ont aussi pris le temps de m’expliquer chacune d’entre elles.
Cela a rendu cette première séance de tests extrêmement productive. Et cela m’a donné beaucoup de confiance pour la suite.

Avez-vous hésité à changer un équipement qui fonctionnait manifestement très bien, après une période aussi réussie ?
Le changement provoque toujours un certain inconfort. C’est simplement humain.
Mais j’ai appris qu’accepter cet inconfort fait partie de ce qui me permet de progresser en tant qu’athlète.
Si je veux continuer à m’améliorer, je dois accepter ce risque.
Vous êtes une skieuse agressive et explosive. Qu’avez-vous demandé à Van Deer pour le développement de vos skis ?
Il ne leur ai pas transmis de liste de souhaits. C’est une véritable collaboration.
Il y a ce que je ressens sur la neige. Il y a aussi ce que mes entraîneurs et mes techniciens observent de l’extérieur. Enfin, il y a ce que l’équipe Van Deer estime pouvoir encore améliorer pour me faire progresser.
Tous ces éléments sont réunis dans le processus de développement. C’est précisément cette combinaison qui rend ce travail aussi excitant.

S’agit-il seulement d’un changement de matériel ou du début d’un nouveau chapitre, avec de nouvelles ambitions ?
C’est clairement un nouveau chapitre. Mes objectifs deviennent plus ambitieux chaque année. Et je ne pense pas qu’un athlète soit un jour totalement satisfait, aussi beau qu’un résultat puisse paraitre sur le papier.
J’ai le sentiment que ce changement peut m’ouvrir les portes vers un niveau encore supérieur.












