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Dans les coulisses de la préparation de l’Eclipse

On parle souvent des performances des descendeurs, plus rarement de celles et ceux qui rendent la course possible.
À Courchevel, Bruno Tuaire, directeur du Club des Sports, raconte le travail colossal indispensable pour livrer une Eclipse prête pour la Coupe du monde.

Bruno, quand a commencé le travail de préparation sur l’Eclipse ?

On attaque notre préparation dès le début de la saison avec les équipes des remontées mécaniques pour fabriquer beaucoup de neige. Ensuite on l’étale et on prépare la piste tout doucement. On le fait uniquement avec des engins de damage. Les entraîneurs vont dans les engins avec les pilotes pour préciser où ils doivent pousser la neige et comment la préparer.

À partir de quand entre-t-on dans la phase la plus lourde, notamment avec les premiers filets de protection, indispensables pour la sécurité des athlètes ?

Environ un mois avant les courses. On commence à mettre les filets A en place. Ils sont fixés sur des potences et c’est près de trois kilomètres de filets à mettre en place.

Il faut les ancrer au sol, puis mettre des bâches de glissement au sol afin de protéger les athlètes si l’un d’entre eux les heurte au niveau tangentiel. On a alors une vingtaine de personnes mobilisées sur ces taches.

On aperçoit derrière Marco Odermatt les filets A installés par les équipes de Bruno Tuaire – Photo Agence Zoom/Christophe Pallot

On suppose que la mobilisation augmente à l’approche des courses ?

Au bout de trois semaines, on monte en puissance avec 200 personnes mobilisées pour mettre en place tous les filets B. C’est le plus gros du travail car on a 18 kilomètres de filets à poser ! On installe ensuite progressivement les tours télé et on prépare les sauts. On a eu un gros travail pour nos deux gros sauts (saut du zénith et saut des Jockeys). On doit déplacer énormément de neige et il faut calculer au degré près pour que ces sauts ne présentent pas de danger pour les athlètes.

Nils Allègre mercredi matin lors de l’entraînement de descente sur un des deux gros sauts de l’Eclipse – Photo copyright Agence Zoom/Alexis Boichard

Et le jour J, combien de personnes travaillent sur la piste et autour de la piste ?

Progressivement, on arrive le jour de course à peu près à 500 personnes : les lisseurs et les gars qui remettent les portes et ceux qui doivent remettre les filets en cas de chutes, les médecins, les pisteurs qui aident les médecins, les deux hélicoptères avec tout le personnel…

Les conditions météo de ces derniers jours — températures élevées, foehn et même sable du Sahara ! — vous ont-elles compliqué la tâche ?

Non. Ce qui nous a posé le plus de problèmes, c’est la neige. On a reçu deux mètres de neige il y a à peu près un mois ! Donc, de la neige naturelle qui n’est pas du tout compact qui s’est déposé sur de la neige artificielle.

On a dû l’arroser pour la compacter, puis la densifier. Pour la neige naturelle, on est à peu près à 100 kilos le mètre cube et il faut qu’on la monte à environ 600 kilos. Donc, il faut apporter de l’eau !

Pour les températures élevées, ce n’est pas un gros problème parce qu’on rajoute de l’eau. Par exemple ce matin (mercredi), on en a remis pour que le sel prenne. Cela peut ensuite tenir une semaine. Ce qui peut nous déranger, c’est de la neige fraîche qui tombe sur cette neige mouillée car cela isole du regel de la nuit.

Justement, la neige est annoncée vendredi soir notamment…

Vendredi soir, on va prévoir des lissages, des lissages et des machines pour pousser la neige et remettre un peu d’eau.

Le profil et le tracé de l’Eclipse sont-ils très différents de ceux des Mondiaux 2023 ?

Non, c’est exactement les mêmes. La conception de cette descente est telle que l’on ne peut pratiquement tracer que d’une seule façon.

On a juste modifié quelque chose au niveau du départ du géant. On avait deux petites courbes, un peu comme le tracé du Super-G. Et on est revenu comme on avait conçu le tracé de la descente, avec une double et une grande triple avant le mur de la Bux. C’est le seul changement.

Sur le reste du tracé, les portes sont exactement au même endroit. On les trace au GPS. Et d’une année sur l’autre, on retrouve exactement le même tracé.

Le tracé de la piste l’Eclipse

Après le premier entraînement, quels retours les athlètes vous ont-ils donnés sur l’état de la piste ?

Sur le haut, ils m’ont dit que la piste est très bien. Sur le bas, comme on est sur de la neige salée, ça roule un peu sous les skis et ça tape. Donc, on va remédier un peu à cela en remettant un peu de sel. Et puis, on va voir comment préserver la piste compte tenu de l’annulation du deuxième entraînement de descente initialement prévu jeudi. Cela nous permettra de travailler la piste correctement.

L’équipe de France lors de la reconnaissance du premier entraînement de descente – Photo copyright Agence Zoom/Christophe Pallot

Après les Mondiaux, il a fallu attendre trois ans pour revoir une étape de Coupe du monde sur l’Eclipse. À quelle fréquence aimeriez-vous la retrouver à Courchevel ?

Mon souhait, c’est qu’elle revienne tous les deux ans. Cet hiver est exceptionnel puisqu’on a eu une Coupe du Monde dames au mois de décembre et une Coupe du Monde hommes au mois de mars. On ne pourra pas le faire chaque année. Parce qu’au niveau des équipes, c’est vraiment beaucoup de travail. Et au niveau physique, les équipes n’arriveront pas à tenir tout le temps.

Donc, on souhaite une année avec une Coupe du Monde féminine en technique, et l’année suivante, une Coupe du Monde hommes en vitesse. Et le moment idéal pour la vitesse, c’est début mars car on a le temps de préparer la piste. C’est également plus facile pour les hébergements.