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En route vers les Finales : le chemin de Marco Odermatt vers les sommets

Avant les Finales de Coupe du monde en Norvège, Marco Odermatt domine plusieurs classements, reste toujours dans le coup, et coche presque toutes les cases d’une nouvelle saison référence. Sans bruit, il assume aussi un rôle de patron, en tirant l’équipe suisse vers le haut.

Photo Patrick Lang

Un 9e succès cette saison, et un “Classic” enfin coché

Avec sa 9e victoire de la saison remportée samedi dernier sur la redoutable descente Kandahar à Garmisch-Partenkirchen, Marco Odermatt a signé une nouvelle performance marquante dans sa quête des sommets.

Ce succès lui a permis d’égaler les 54 victoires d’Hermann Maier en Coupe du monde. L’Autrichien avait atteint ce total entre février 1997 et décembre 2008, et Odermatt a aussi décroché son premier succès dans ce “Classic” si convoité.
Jusqu’ici, seuls Marcel Hirscher (67 victoires en onze ans) et Ingemar Stenmark (86 de 1974 à 1989) ont fait mieux.

Une réponse claire aux critiques après Bormio

Dans le même temps, il a fait taire ses détracteurs, déçus par ses récents résultats à Bormio, où il n’avait pas réussi à remporter l’or olympique qu’il aurait amplement mérité.
« J’ai remporté trois médailles en Italie et je suis clairement en tête de quatre classements de Coupe du monde. Donc ceux qui m’ont critiqué récemment n’ont sûrement aucune idée de notre sport. Je suis très satisfait de mes performances ces derniers mois », a-t-il déclaré à la presse après la course.
« Aujourd’hui, je me suis vraiment amusé à me battre sur cette piste exigeante », a-t-il ajouté.

Marco Odermatt a enfin réussi le week-end dernier à cocher cette « classic » de Garmisch sur son tableau de succès – Photo Agence Zoom/Christophe Pallot

Une énergie retrouvée avant d’autres rendez-vous

Le champion de 28 ans, originaire de la région de Lucerne, a visiblement retrouvé de l’énergie après les JO grâce à quelques belles sorties en poudreuse près de chez lui, avant de prendre la route de la Bavière. Cela l’a visiblement aidé à récupérer son élan et son plaisir, en retrouvant la capacité de skier à la limite sur une piste exigeante.

Il reste clairement l’homme à battre lors des prochaines compétitions. Dès ce week-end à Kranjska Gora, en Slovénie, où il a déjà accumulé les succès ces dernières années.
Et aussi la semaine prochaine à Courchevel, où il avait décroché deux médailles d’or, en descente et en géant, aux Mondiaux en février 2023.

Vers un 17e globe, et sans doute davantage

Il est plus que probable que Marco soulève son 17e globe de cristal à Hafjell, le 25 mars, lors de la dernière cérémonie de remise des prix. Il devrait y recevoir le plus grand et le plus lourd modèle produit par Joska à Bodenmais, au sud-est de la Bavière.

Dans la riche légende de la Coupe du monde, seuls le Suédois Ingemar Stenmark (19 globes) et l’Autrichien Marcel Hirscher (20) ont fait mieux. La star suisse a une vraie chance de les rejoindre, et même de les dépasser, dans un futur proche.

Après une saison 2023/24 époustouflante marquée par 13 victoires en Coupe du monde et 4 globes de cristal supplémentaires, Marco Odermatt avait été de nouveau élu « Skieur d’Or » AIJS – Trophée Serge Lang – Photo Patrick Lang

Une star populaire restée naturelle

C’est une réussite impressionnante, voire unique, pour ce champion suisse très apprécié, qui parvient à rester modeste et naturel malgré la célébrité.
Fait intéressant, certains experts du ski, comme le journaliste suisse Marcel Perren, ne sont pas totalement surpris par sa notoriété et son succès.
Ils se souviennent qu’il avait déjà raflé plusieurs médailles d’or aux Mondiaux juniors en 2016 et 2017, à Rosa Khutor, en Russie, puis à Davos, en Suisse.

Marco Odermatt avec son idole Didier Cuche – Photo Instagram Marco Odermatt

2019 : le déclic puis l’envol en géant

« Il va vous surprendre, il a un potentiel incroyable », nous disait Perren en mars 2019. C’était après la solide 3e place de Marco à Kranjska Gora en géant, dans une course dominée par Henrik Kristoffersen.
Odermatt avait alors signé le meilleur temps de la deuxième manche, et son premier podium en géant !
Perren avait vu juste, puisque Marco est monté près de cinquante fois sur le podium en géant durant les sept années suivantes.
Il a accumulé au moins quatre médailles d’or, dans trois spécialités différentes, lors des grands rendez-vous.
Et il est très probable qu’il décroche bientôt un cinquième gros globe du général.

En mars 2023, Marco Odermatt avait signé le week-end parfait à Kranjska Gora avec deux victoires sur les deux géants – Photo copyright Agence Zoom/Stanko Gruden

Des premiers succès aux ambitions en descente

En décembre 2019, Odermatt avait déjà signé une victoire inattendue en Super-G à Beaver Creek, dans le Colorado.
Un an plus tard, il remportait son premier succès en géant à Santa Caterina, en Valteline, ce qui allait devenir sa spécialité de loin la plus forte.
Deux ans plus tard, il faisait déjà partie des principaux candidats à la victoire en descente.
Cet hiver, il est devenu un descendeur solide, avec quatre victoires déjà, dont la première à Beaver Creek.
En janvier, il a établi un record marquant à Wengen, en dominant ses rivaux pour la cinquième fois de suite sur la légendaire piste du Lauberhorn.
Il n’a jamais fait pire que 4e à Crans-Montana et à Bormio. Et il n’a manqué que de 7 centièmes pour réussir son objectif majeur de la saison sur la Streif à Kitzbühel.
C’était le lendemain du Super-G qu’il avait largement dominé !

Son autre “compétition” : contribuer à bâtir une équipe Suisse très forte

Pour beaucoup d’observateurs du “cirque blanc”, la principale réussite de Marco Odermatt a peut-être eu lieu ces dernières saisons en coulisses.
Il a contribué à construire l’une des équipes de ski alpin les plus fortes du circuit.
En 2019, seuls trois Suisses avaient terminé dans le top 20 du général. Cet hiver, ils seront au moins cinq.
En plus de leur domination en vitesse, avec une majorité de victoires en descente et en Super-G, l’armada suisse est aussi devenue une puissance en technique. Les récents grands rendez-vous de 2025 et 2026 l’ont montré.

Un leader collectif dans la lignée des anciens

Très à l’aise dans son groupe, “Odi” n’a jamais rêvé de créer sa propre cellule. Il tient à partager son immense expérience et sa confiance avec ses coéquipiers.
Il donne conseils et recommandations lors de l’inspection, notamment aux plus jeunes.
C’est exactement ce que faisaient avec lui d’anciens leaders, comme Carlo Janka et Beat Feuz, quand il a intégré l’équipe.

La célébration en équipe de la victoire de Marco Odermatt en janvier sur la descente de Wengen – Photo copyright Agence Zoom/Christophe Pallot

C’est ainsi que les vrais leaders, solidement établis et sûrs d’eux, devraient toujours se comporter.

Article rédigé par Patrick Lang