De l’école de journalisme de Nice aux cabines de commentateurs de RMC Sport, Léna Marjak a transformé ses piges en une belle trajectoire. Elle raconte son parcours, sa préparation des directs sur la Coupe du monde de ski alpin et ce qui fait la richesse de son métier de journaliste-reporter.
Photo copyright Agence Zoom/Christophe Pallot
Pour celles et ceux qui ne te connaissent pas encore, peux-tu nous parler de ton parcours journalistique jusqu’à RMC Sport ?
J’ai fait l’école de journalisme de Nice, en post-bac, avec une spécialisation sport en dernière année. Puis, en sortie d’école, en 2019, j’ai eu l’opportunité de faire un mois de stage, au service reportage, de RMC Sport.
A l’issue, j’ai continué de travailler pour eux, à la pige, tout en alternant avec d’autres médias. Quatre ans de piges plus tard, en 2023, un contrat m’a été proposé par RMC Sport.
Aujourd’hui, en quoi consiste concrètement ton travail chez RMC ?
Je suis journaliste-reporter, spécialisée dans le sport. C’est-à-dire que je couvre des événements sportifs, sur des sports qui me sont attribués, comme le ski alpin que je suis à la saison.
Je commente les courses en direct pour la radio. Je fais également des sujets pour relater des résultats, des exploits sportifs, ou tout simplement raconter de belles histoires pour les émissions, mais surtout pour la matinale de RMC.
Pourquoi le ski alpin est devenu un de tes terrains d’expression ?
J’ai la chance depuis toute petite d’aller skier à La Toussuire, grâce à mes parents. C’est un sport que je pratique en loisirs, que j’aime énormément, que j’ai toujours suivi à la télévision.
Professionnellement parlant, c’est une opportunité que j’ai saisie. On m’a proposé, il y a deux ans, de reprendre le ski alpin pour RMC. Ce que j’ai accepté. Et depuis, c’est un vrai plaisir de sillonner l’Europe pour les différentes coupes du monde, de suivre les Français, d’assister à de grands moments de sport.
Comment prépares-tu un direct ou une interview à chaud ?
Quand je commente une course, il y a une grosse partie de travail en amont. Déjà, je me sers des points presse, organisés souvent deux jours avant les courses. Les athlètes viennent parler aux médias, et donnent leurs premières impressions de la piste, leur forme du moment, leurs ambitions, leurs attentes…

Puis, je me fais des fiches, avec des informations sur les skieurs, sur les résultats précédents, quelques statistiques aussi… Et pour les interviews d’après course, les questions viennent en fonction des résultats, de ce qu’il a pu se passer pendant la descente ou le slalom, s’il y a de la joie, de la déception…
Comment se déroule ta journée type sur une étape de Coupe du monde de ski alpin ?
Une journée type, c’est tout d’abord arriver une heure et demie ou deux, avant le début de la course sur le site. Et puis, je vais dans la cabine commentateur, j’ai des directs quelques minutes avant le premier dossard. Puis ça s’enchaine, au moins jusqu’au passage du dernier français. Ensuite, direction la zone-mixte, pour recueillir les témoignages des skieurs. En fonction du résultat, si la matinale du lendemain le demande, je monte un sujet radio.
Et parfois, cerise sur le gâteau, j’ai l’opportunité de faire les reconnaissances pistes, tôt le matin.
Quelle est ton étape préférée de Coupe du monde ? Et celle que tu trouves la plus difficile à couvrir ?
Une seule étape préférée, c’est difficile à donner. J’en ai plusieurs. Pour l’ambiance évidemment, Kitzbühel et Schladming.
Mais cette saison, j’ai eu la chance d’aller à Levi, en Finlande, pour le premier slalom de l’année. Coin éloigné, coupé de tout, dans une ambiance particulière, le pays du père-noël… Cela a été une expérience fabuleuse.
Et une difficile, je n’en ai pas, je ne me suis jamais dit que c’était « difficile » de couvrir telle ou telle étape !


Pour son ambiance de folie, la Night Race de Schladming (photos ci-dessus) est avec Kitzbühel une des étapes préférées de Léna.
Tu as couvert pour la première fois les Jeux olympiques d’hiver de Milan-Cortina 2026 depuis Bormio. Quel est ton rapport d’étonnement ?
Quand on pense Jeux Olympiques, on imagine beaucoup d’ambiance, une ville qui vibre pour l’événement… mais à Bormio il n’y a pas vraiment eu ça. C’était assez calme, et donc assez étonnant. Même si, cela a été deux belles semaines de sport !
Quelle est l’interview/le direct qui t’a le plus marqué depuis que tu couvres le ski alpin pour RMC ?
Depuis toute petite, une skieuse m’a fait énormément vibrer, vivre de grandes émotions. C’est Lindsey Vonn. Et donc, à Val d’Isère, en décembre dernier, pouvoir l’interroger a été un moment très marquant.

Et plus récemment, l’interview de Nils Allègre, à l’issue du Super-G olympique à Bormio, m’a énormément marqué. Il passe à trois centièmes d’une médaille olympique. Voir des athlètes, après un tel effort, après tant de sacrifices, passé si proche d’un rêve, d’un accomplissement, c’est toujours difficile. Et bien plus difficile pour eux, de venir s’exprimer, malgré l’émotion, devant les médias.
Qu’est-ce qui t’a le plus surpris dans le monde du ski alpin, côté médias ?
Je dirai, l’accessibilité des athlètes. Même les plus grands noms de ce sport prennent toujours le temps de s’arrêter aux micros après leur course. C’est très appréciable et assez rare pour être souligné.
Quelle serait l’interview de tes rêves ?
Alors mon interview de rêve ne serait pas dans le ski… mais dans le tennis. Ce serait Roger Federer. Il a été et est encore toujours mon idole. C’est un sportif que j’ai regardé à la télévision, jour et nuit, quand j’étais plus jeune, que j’ai eu la chance de voir jouer sur certains tournois. Il a marqué une grande partie de mon enfance, a été un vrai modèle.
Pourvoir, un jour, lui poser, même une seule question, serait un grand moment.











