Les Suisses ont réussi ce matin sur la Streif à Kitzbühel deux beaux doublés. Marco Odermatt a remporté pour la deuxième année consécutive le Super-G et il devance de trois petits centièmes Franjo Von Allmen. L’Autrichien Stefan Babinsky complète le podium.
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L’Ogre suisse a encore frappé. Dans le temple de la vitesse sur la Streif à Kitzbühel, Marco Odermatt a dompté une Streif baignée de soleil pour s’offrir un Super-G d’anthologie. Entre le duel à couper le souffle avec son jeune dauphin Franjo Von Allmen et le tir groupé – un peu au-delà du Top 10 – prometteur des skieurs français, la mythique piste autrichienne a lancé le week-end de la plus belle des manières.
Une fin de matinée de grâce au pied du Hahnenkamm
Le « Cirque blanc » a retrouvé son sanctuaire. En ce vendredi de janvier, la Streif était sous son plus beau jour, avec une neige très accrochante et un tracé spectaculaire. Sous le ciel bleu tyrolien et les notes de la mythique « Sweet Caroline », le Super-G de Kitzbühel a offert un spectacle dont seule la plus grande course de l’année détient le secret.
Au sommet de cette hiérarchie, Marco Odermatt a une nouvelle fois prouvé qu’il n’était pas un simple skieur, mais un artiste des trajectoires. Avec un temps de 1:08.41, le Suisse a dessiné une ligne pure dans la pente autrichienne, mêlant une puissance brute à une précision impressionnante. La gloire s’est jouée dans l’épaisseur d’un souffle : son jeune compatriote Franjo von Allmen, en état de grâce, échoue à seulement trois minuscules centièmes de la gagne (+0.03), offrant à la Suisse un doublé qui résonnera longtemps dans les montagnes bernoises.
Pour compléter ce tableau de maître, l’Autrichien Stefan Babinsky est allé chercher, au prix d’un engagement total, la troisième marche du podium devant son public passionné (+0.25).
25 skieurs dans la même seconde
La densité technique de cette épreuve a confiné au sublime. Les écarts, infimes, témoignent de la lutte acharnée qui s’est jouée sur chaque mouvement de terrain. L’Autrichien Raphael Haaser (4e à +0.33) et le Norvégien Adrian Smiseth Sejersted (5e à +0.36) ont lorgné sur le podium. Ce dernier nous a montré les limites de l’engagement puisqu’il a frôlé la chute après un vol à couper le souffle. Ils sont suivis de près par une meute de prétendants menée par l’Italien Mattia Casse et le champion local Vincent Kriechmayr, tous regroupés en moins d’une demi-seconde.
Sur ce tracé où chaque faute de carre est une blessure au chronomètre, la Streif a rappelé qu’elle ne pardonnait rien, mais qu’elle savait couronner les plus audacieux. À plus grande échelle, ils sont 25 sous la seconde : preuve que si Marco Odermatt a remporté la course, les autres athlètes se sont aussi sublimés.
Tir groupé des tricolores
Le clan français, loin de faire de la figuration dans ce temple de la vitesse, a affiché une unité et une vaillance remarquables. Dans le sillage d’un Nils Alphand inspiré (13e à +0.67), les Bleus ont réalisé un tir groupé plein d’espoir. Alban Elezi Cannaferina et Nils Allègre, unis dans l’effort, se partagent la 14e place (+0.72).

Le jeune skieur de Courchevel a affronté la Streif à bras-le-corps et, si les mots ont un pouvoir de définition, c’est l’engagement qui qualifie la course d’Alban, prouvant que la relève et l’expérience marchent d’un même pas vers les sommets. Avec Sam Alphand (16e), Blaise Giezendanner (20e) et Matthieu Bailet (21e) en embuscade, le collectif tricolore a montré qu’il avait l’âme prête pour les grandes batailles à venir sur la mythique descente de demain.
Kitzbühel reste fidèle à sa légende, et cela dès la première course du week-end. Entre les stars, les belles images, le soleil et des skieurs qui se surpassent, on peut l’affirmer : cela nous avait manqué !
Article rédigé par Merlin Meignan, étudiant à l’emlyon business school et passionné de ski alpin.











