Près de 300 jours après sa grave blessure, Federica Brignone fera son retour demain à l’occasion du géant de Kronplatz. Souriante comme à l’accoutumée, la championne italienne était en fin de matinée en conférence de presse.
Extraits.
Revenir à la compétition : déjà un grand succès
« Pour moi c’est vraiment fantastique d’être ici et en course demain, dans un endroit magnifique, en Italie, à la maison. C’est une piste que j’aime beaucoup et une course que j’ai toujours aimée.
Pour ceux qui savent ce qui m’est arrivé l’an dernier, être déjà en course demain sera un grand succès. Donc tout ce qui viendra sera de toute façon quelque chose de fantastique. »
Une préparation hors normes, faite de tests quotidiens
« Évidemment je ne suis ici pas comme les autres années. Ce n’est pas comme arriver à Sölden, où normalement tu fais une préparation ad hoc. Tu vas bien, tu t’entraînes plus de six mois pour préparer une saison.
Ce n’est clairement pas mon cas cette année. J’étais à Cortina puis je suis venue ici (Kronplatz) une journée pour skier une piste de Coupe du monde parce que je n’ai qu’une dizaine de jours dans les piquets. C’est vraiment très peu. »
Une décision mûrie jour après jour
« Cela s’est fait jour après jour. J’allais de mieux en mieux et nous étions dans la région. Et avec mon frère, on s’est dit : nous avons beaucoup d’options. Revenir courir, ne pas revenir courir et se concentrer seulement sur les Jeux olympiques, ou seulement sur la vitesse, ou seulement sur le géant.
On avançait jour après jour. Nous nous sommes fixés des objectifs hebdomadaires et surtout quotidiens. Ces derniers temps, nous avons skié. Nous nous sommes dit : si tu as cette confiance, si tu peux skier, si tu peux pousser, alors on peut penser à courir.
La semaine dernière, j’ai skié ici avec d’autres filles. Et jour après jour, manche après manche, cela allait de mieux en mieux. Nous avons décidé hier après deux jours de ski sur de la neige dure. Je pense qu’on peut essayer. Je pense que c’est une bonne façon de commencer sur une piste que je connais. Et c’est à la maison. »
Courir pour se tester, pas pour le classement
« Je suis ici pour tester mon esprit, mon corps et surtout ma jambe. Je ne suis clairement pas ici pour un grand résultat mais pour un grand résultat pour moi-même.
Pour l’instant on a une idée générale et donc tout dépendra de comment cela se passera demain. Pas au niveau du résultat, mais au niveau de la douleur, des sensations et de la réussite, c’est-à-dire de voir si je suis capable de soutenir une course. »
La douleur toujours présente, le vrai adversaire
« Le géant est la discipline qui me convient le mieux mais c’est aussi celle où j’ai le plus mal. La vitesse en revanche est celle où j’ai moins mal mais j’ai vraiment très peu skié jusqu’à présent.
Le problème, c’est que je n’ai encore jamais fait une journée depuis que je me suis blessée sans douleur, même dans ma vie normale. Certains jours sont meilleurs, d’autres sont vraiment difficiles. Mais la douleur est toujours là. A ski, je le sens clairement. »
Un souhait simple pour le géant, avec l’horizon olympique en toile de fond
« Mon souhait est de courir demain. J’espère que mon corps et mon esprit seront prêts à faire deux manches.
Ensuite, mon plan est de retourner à Cortina avec l’équipe de vitesse pour m’entraîner. J’ai besoin de beaucoup de jours de ski, parce que la vitesse vient un peu moins naturellement que le géant, surtout la descente. J’ai besoin de tester les sauts et les compressions. Donc c’est mon prochain objectif pour la semaine prochaine.
Ensuite, nous déciderons si nous voulons aussi courir certaines épreuves de vitesse avant les Jeux olympiques.
En réalité, nous n’avons aucun plan. Les Jeux olympiques sont un grand objectif. Mais je ne sais pas dans quelles disciplines ni combien de courses ! Cela dépendra de ma jambe et aussi de l’équipe. Je ne suis pas la seule à courir ici. Nous avons une équipe forte, donc c’est aussi un thème à prendre en compte. »











