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Fin de carrière d’Adrien Théaux : l’hommage appuyé de ses co-équipiers

À l’heure où il va refermer le chapitre de sa carrière, Adrien Théaux laisse bien plus qu’un palmarès. Dans le groupe de vitesse français, le skieur de Val Thorens aura incarné l’expérience, la solidarité et l’exigence.
Maxence Muzaton, Blaise Giezendanner et Nils Allègre racontent chacun, à leur façon, l’athlète, le leader et l’homme qu’il a été pour toute une génération.

Photo copyright Agence Zoom/Christophe Pallot

Maxence Muzaton : « Un super athlète et un très bon ami. Je suis extrêmement heureux d’avoir pu partager toutes ces années avec lui. »

« Sa carrière a été riche, bien remplie et surtout très longue. Il faut lui tirer notre chapeau car en plus d’avoir beaucoup de départs, il a aussi beaucoup d’excellents résultats.

On aime toujours parler de cette cohésion qu’on a dans le groupe. Il fait partie aussi de cet ADN et des personnes qui ont œuvré pour mettre cela en place. Avec cet échange entre les jeunes et les anciens. Au tout début, il était un peu comme un grand frère et après surtout un bon pote.

C’est sûr que cela fait toujours mal au cœur de voir partir les anciens. Cela fait aussi partie du jeu. C’est un super athlète, un très bon ami. Je suis extrêmement heureux d’avoir pu partager toutes ces années avec lui. »

Un moment particulier avec Adri ? « C’est une des premières figures que j’ai vues quand je suis rentré dans ce groupe. Lors de ma première Coupe du monde, j’étais champion du monde junior et on n’était que deux à être alignés sur le Super-G à Garmisch en 2010.  C’est un peu la première fois où il m’a pris sous son aile. Il est venu me voir ce jour-là et m’a dit que si j’avais des questions… Et moi, comme un petit jeune un peu borné, j’ai dit non ! Il s’est amusé quelques fois à me le rappeler…« 

Blaise Giezendanner : « Il a toujours été ce grand frère du groupe. Je pense qu’Adri reste un des tauliers de la descente française »

« Adri a toujours eu ce rôle de bienveillance. Il a vite compris qu’on avait besoin de lui et qu’il aurait besoin de nous, pour qu’on progresse tous ensemble.

Je pense qu’il a toujours été ce grand frère du groupe. Encore plus dernièrement, depuis qu’il n’y a plus Johan (Clarey). Quand il me l’a annoncé à Garmisch, j’étais dans ma chambre. La veille du Super-G, je me suis trouvé tout seul dans la chambre. Ça m’a fait un petit peu mal au moral.

Je me souviens avoir ouvert le Kandahar en 2008. Il était déjà là, il était déjà méga fort. Il a un palmarès XXL. Même si ça fait longtemps qu’il n’a pas fait de podium. Il ne faut pas oublier qu’il a eu un très grave accident. Je pense qu’il y a eu le Adri avant sa blessure et le Adri d’après où cela a été différent. Il a toujours retrouvé des sensations mais je pense que cela a « switché » un peu pour lui.

Cela va faire bizarre quand il ne sera plus là. Après, c’est la vie aussi du ski, c’est la vie d’un groupe. On tourne des pages, ça fait partie de la vie d’athlète. On parlait beaucoup de Johan avant. Je pense qu’Adri reste un des tauliers de l’histoire de la descente française. »

Un moment particulier avec Adri ? « Il est assez carré comme mec. Des « conneries », il n’en fait pas beaucoup. Et quand il en fait, il est assez malin. On ne va pas avoir mille histoires sur lui. Franchement, il a toujours été super sympa avec moi. J’ai toujours ce souvenir où on faisait toujours de la moto ensemble pour aller au CNE d’Albertville. C’est clair qu’il va laisser un vide, qu’il va nous manquer.»

Nils Allègre : « Je retiens le guerrier et aussi l’ami qui m’a aidé et beaucoup apporté surtout sur mes débuts en Coupe du monde »

« Sa carrière, c’est un exemple parce qu’il y a les chiffres qui parlent déjà : 3 victoires, 13 podiums, une médaille aux mondiaux… Mais c’est surtout l’homme que je retiens. Il est revenu de choses très dures, de la perte d’un ami (David Poisson), d’une fracture très complexe du tibia, dans des circonstances où moralement ça nous avait tous marqués et lui terriblement.

Je retiens le guerrier et aussi l’ami qui m’a aidé et beaucoup apporté, surtout sur mes débuts en coupe du monde. Sur le comportement et ce que c’est qu’être un leader dans une équipe. Sur ce que c’est qu’être un coéquipier, et surtout sur le respect de ses coéquipiers et sur fonctionnement en équipe dans un sport individuel. Il est un exemple pour moi. »

Un moment particulier avec Adri ? « C’était au départ de Wengen il y a trois ans. On part 1 et 2 et il y avait énormément de monde sur le départ. On était tous les deux dans la cabane et on se rend compte qu’on vit un moment de fou parce qu’il n’y a jamais eu autant de monde au départ d’une Coupe du monde. C’était dingue et on se l’est dit avant de partir. Avec le temps qui passe, c’est l’un des plus beaux moments de ma carrière. »