Podium en janvier à Adelboden. Demain, le géant olympique à Bormio : Léo Anguenot est prêt pour ce grand rendez-vous.
Pression, préparation, piste, confiance : les commentaires de Léo qui veut « y aller avec le cœur pour son équipe ».
Photo copyright Agence Zoom/Alexis Boichard
Tu ressens une pression particulière pour essayer d’aller chercher la première médaille chez les Bleus, côté messieurs ?
J’aimerais bien qu’on puisse rapporter une première médaille chez les garçons. Romane a fait une course magnifique, ça fait extrêmement plaisir parce qu’elle mérite énormément d’être sur le podium et elle en a fait plusieurs en Coupe du Monde. C’est le Graal pour elle, je suis super content pour elle.
Cela donne des idées et motive encore plus pour justement aller faire la même chose en technique, en géant ou en slalom.
Avec les quotas, il y aura moins de Français au départ que dans les JO précédents. Tu le vis comme une pression, ou comme un moteur ?
Non, ça ne met pas forcément de pression supplémentaire. Quand on est au départ d’une course, on essaye de skier pour soi et de faire sa course. C’est bien qu’il y ait aussi Alban (Elezi Cannaferina) parce que ça multiplie les chances de médailles pour la France. C’est un atout en plus.
Avec Alban, on s’entend super bien, on est ensemble à l’hôtel. C’est vraiment cool et ça donne aussi une émulation.
Ton podium en janvier à Adelboden, ça change quoi dans ta confiance avant ce géant olympique ?
Disons que cela prouve que mon ski peut être très efficace et que je peux être capable de rivaliser avec les meilleurs. Donc, cela apporte de la confiance. Cela prouve aussi que les deux fois où j’ai été sur le podium, c’est les deux seules fois où j’ai réussi à faire des manches pleines de haut en bas…
Mon objectif est simple : faire des manches pleines de haut en bas et essayer de faire le meilleur ski que je puisse sur cette course. Faire aussi le moins de fautes et être le plus engagé possible. Parce que s’il y a une course où il faut le faire, c’est ici !

Entre un podium et la victoire, qu’est-ce qui te manque encore pour gagner ?
Je ne sais pas s’il manque des choses, mais en tout cas il faudra faire des manches pleines avec de l’engagement, être irréprochable au niveau de la technique et y aller avec le cœur. C’est cela qui compte et c’est ce qui nous fera aller chercher des médailles. On a vu sur les courses de vitesse que ceux qui s’engageaient pleinement et qui mettaient tout ce qu’ils avaient, ils étaient souvent récompensés.
Concrètement, comment tu as préparé ce géant ces derniers jours ?
On a essayé de se préparer au mieux par rapport au profil de la piste. Il y a de la pente dans la première partie et dans la deuxième grande partie. Cela va me convenir.
Mais il y a une petite partie plate au milieu. On a trouvé une piste à Aprica qui était plutôt ressemblante et on a fait 5-6 jours d’entraînement où j’ai pu bien progresser. Il faut que je trouve des bonnes sensations sur ces parties plates.
Je pense que ça a été plutôt enrichissant pour moi, que ce soit pour la course de ce week-end, mais même pour le futur.
Est-ce qu’on peut dire que tu arrives samedi matin au sommet de ta forme de cette saison ?
J’ai tout fait pour, en tout cas. Je pense que le podium à Adelboden m’a fait du bien aussi parce qu’il m’a libéré de cette pression de la sélection.
On l’avait un petit peu et j’avoue que c’est quelque chose qui me trottait un peu dans la tête depuis longtemps. J’avais une grosse envie de vouloir être là et de pouvoir être performant ici. Et avant d’être performant ici, il fallait déjà être sélectionné.
Donc, il m’a fait du bien. Et derrière, ça ne s’est pas passé comme je voulais à Schladming. Mais à l’entraînement, je skie plutôt bien.
En tout cas, je suis toujours en confiance de ce podium et sur mes entraînements qui sont plutôt bons. Jusqu’à présent, en tout cas, je me sens plutôt en forme.
Qu’est-ce que tu sais de la piste que tu vas skier samedi en géant ?
Je sais que ça part du San Pietro. Ça fait une première partie de 8-10 portes assez raide. Avec un long plat ensuite où il faudra bien prendre la vitesse.
Après, on rentre dans ce dernier mur de la descente. Une partie pas excessivement raide mais qui pousse quand même. Il faudra être engagé et être sur des appuis bien avancés pour prendre un maximum de vitesse pour la dernière partie qui est assez facile.
C’est une piste qui est peut-être plus facile que ce qu’on peut avoir sur les Coupes du monde. Mais elle est vallonnée avec des endroits plus difficiles que d’autres et des endroits où il faut prendre de la vitesse.
Au final, elle n’est pas si facile que ça.
La France n’a plus eu de champion olympique en géant depuis Bonlieu (1964) et Killy (1968). Cela représente quoi pour toi, cet héritage ?
1968, c’était il y a longtemps et c’était l’année de naissance de mes parents. Cela fait 57 ans que ce n’est pas arrivé, donc il faudrait que ça change.
Je vais tout donner pour.
As-tu reçu des messages d’encouragements des coéquipiers Coupe du monde restés à la maison ?
Oui, quand on s’est quittés à Schladming, tout le monde nous a serré dans les bras en nous disant « Allez, soyez forts ». Je leur ai répondu tout simplement que mon but c’était d’y aller avec le cœur pour le faire à la fois pour moi, pour la France et pour toute notre équipe parce qu’on a une bonne équipe de géants. Tout le monde n’est pas récompensé parce que tout le monde n’est pas là.
On a une bonne équipe où tout le monde a fait de gros résultats cet hiver. Et du coup, je vais y aller avec le cœur, pour notre équipe.











