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JO 2026 : avant le géant olympique hommes

Le slalom géant hommes ouvre demain la séquence olympique des disciplines techniques à Bormio. À la veille de la course, quelques repères essentiels sur cette discipline.

Retour aussi sur le podium du géant hommes de Pékin et les trop rares champions olympiques tricolores. Sans oublier notre « Moment TopSkiNews – vraiment géant – consacré à l’exploit d’Alberto Tomba aux JO d’Albertville en 1992.

Trajectoires précises sur tracés sinueux

Discipline technique, le géant requiert une grande précision alliée à une bonne dose de puissance et une grande vélocité dans l’exécution des mouvements. Il faut aussi un bon sens du rythme afin de négocier au mieux les courbes avec beaucoup d’enchaînements.

Disputé dans le passé en une seule (longue) manche, le géant se court depuis janvier 1967 en deux manches, sur des tracés souvent exigeants, plus courts et plus sinueux que ceux des épreuves de vitesse. Cette spécialité fait partie du programme olympique depuis Oslo 1952 (vainqueur Stein Eriksen). De 1968 jusqu’en 1980, cette course pouvait avoir lieu sur deux jours – et même sur deux pistes différentes comme à la Lizum, lors des JO d’Innsbruck 1976 !

Les 30 skieurs les plus rapides du premier tracé sont qualifiés pour la seconde manche. Ils s’élancent ensuite dans l’ordre inverse de celui du classement du parcours initial. Une trentaine de coureurs partent ensuite derrière eux dans l’ordre de leur résultat du matin La victoire revient à l’athlète dont le temps total sur les deux manches est le plus bas.

Le podium des JO de Pékin en 2022

Aux Jeux de Pékin, le slalom géant hommes a consacré des références de la discipline.

Le Suisse Marco Odermatt s’est imposé avec autorité après ses déceptions en descente et en Super-G. Une victoire olympique logique, tant sa domination dans cette spécialité était établie avec ses quatre victoires dans les semaines précédentes !

Derrière lui, Žan Kranjec a confirmé sa régularité au plus haut niveau et a décroché l’argent.

Troisième, le Français Mathieu Faivre a remporté une belle médaille de bronze – un superbe podium olympique, un an après ses deux titres mondiaux à Cortina d’Ampezzo.

Le podium du géant des JO de Pékin avec de gauche à droite : Zan Kranjec, Marco Odermatt et Mathieu Faivre – Photo copyright Agence Zoom/Alexis Boichard

Les Français dans l’histoire olympique

Combien de Français ont remporté l’or olympique en géant ?
Deux, et dans deux olympiades successives.

Il faut d’abord remonter en 1964, aux Jeux d’Innsbruck, où François Bonlieu s’impose devant le favori Karl Schranz. Il entre enfin dans l’histoire olympique dix ans après avoir enlevé l’argent aux Mondiaux d’Are, en Suède.

Puis à Grenoble en 1968 avec Jean-Claude Killy qui remporte l’or en descente, puis en slalom géant et slalom courus en deux manches chacun.

Depuis, le géant olympique résiste au ski français. Les générations passent. Le palmarès reste figé. Et aujourd’hui, la question demeure intacte. Qui pour succéder à Killy, cinquante-huit ans plus tard ?

Le moment géant de TopSkiNews (rédigé par Merlin Meignan)

« Ce géant, disputé sur la face de Bellevarde, semble appartenir à une époque révolue du ski. Pourtant, il continue de hanter les nuits des skieurs, d’hier comme d’aujourd’hui.

Mardi 18 février 1992.  Alors qu’un soleil radieux inonde la station de Val d’Isère, une « Bomba » s’apprête à dynamiter l’histoire olympique. Porte-drapeau de la délégation italienne, Alberto Tomba arrive aux Jeux d’Albertville avec un appétit gargantuesque. Il relève un défi immense.

Au terme d’un duel dantesque contre le Luxembourgeois Marc Girardelli et le Norvégien Kjetil André Aamodt, il devient le premier skieur, et reste à ce jour le seul, à conserver son titre olympique en slalom géant dans deux olympiades successives.

Comme un symbole de la fin du combat, le colosse de Bologne flanche sous le coup de l’émotion. Face à ce ciel d’un bleu immuable, il brandit ses skis vers les cieux : il ne vient pas seulement de signer un exploit chronométrique. Il vient de dompter l’indomptable face de Bellevarde.

Loin d’être un simple ajout à son palmarès, cette victoire acquise dans les toutes dernières portes scelle définitivement son destin. Elle le propulse au panthéon des neiges, l’installant pour l’éternité comme l’un des plus grands techniciens que le Cirque blanc ait jamais portés.

Trente ans plus tard, si les matériels ont changé et les courbes se sont raccourcies, l’héritage de Tomba sur la mythique piste de Val d’Isère demeure intact. Il a prouvé que pour ne pas perdre la face sur Bellevarde, il ne fallait pas seulement être un athlète d’exception, mais posséder ce supplément d’âme et de charisme qui transforme une course en légende.

Aujourd’hui encore, chaque skieur qui s’élance dans le portillon de départ de la Face semble chercher, entre deux portes, l’écho de la puissance de la « Bomba ».

[Revoir la 2e manche d’Alberto Tomba]