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Le combiné par équipe : mode d’emploi pour une première olympique

Après avoir fait sensation lors des Mondiaux de Saalbach en 2025, le combiné par équipe fait son entrée historique aux Jeux Olympiques. Ce format en équipe remplace le combiné individuel, disparu des compétitions internationales depuis quelques années déjà.

Fini l’athlète unique qui doit briller dans deux disciplines opposées : place désormais à la stratégie d’équipe et à la complémentarité, avec le combiné par équipe.

Le concept : deux athlètes d’une même nation, un seul chrono

Contrairement au combiné traditionnel, le combiné par équipe se dispute en binôme. Le principe est simple :

  • Le premier relayeur s’élance pour une épreuve de vitesse le matin (ici, la descente).
  • Le second relayeur prend le départ du slalom l’après-midi.

Le classement final est déterminé par l’addition des temps des deux membres de l’équipe. C’est une véritable course de relais sur neige, où la moindre erreur de l’un impacte directement le résultat de l’autre.

Un format hérité de Saalbach 2025

Les passionnés se souviennent de la démonstration de force lors des derniers Championnats du monde. En Autriche, la Suisse avait littéralement écrasé la concurrence en signant un triplé historique. Ce jour-là, l’alchimie entre les spécialistes de la vitesse et les techniciens helvètes avait prouvé que ce format favorise les nations possédant une grande densité de talents, et peut-être aussi, de fait, les « grosses » nations du ski alpin.

Le podium 100% Suisse au combiné par équipes aux Mondiaux de Saalbach en 2025 – Photo copyright Agence Zoom/Christophe Pallot

Cette épreuve avait suscité des interrogations en Autriche précisément à cause de ce dernier point. Mais après la course aux Mondiaux, elle a fini par convaincre le plus grand nombre. Effectivement, cela ajoute un aspect collectif à ce sport habituellement individuel, provoquant ainsi des émotions différentes, peu explorées par le ski alpin. N’est-ce pas aussi cela, l’esprit olympique ?

Les règles d’or à retenir

  • Spécialisation : Une nation peut aligner son meilleur descendeur avec son meilleur slalomeur. On ne demande plus à un géant de la vitesse de « survivre » entre des piquets serrés, ce qui garantit un niveau technique exceptionnel dans les deux manches.
  • L’ordre de départ et une seule manche de slalom : Le départ du slalom est donné selon l’ordre inverse du classement de l’épreuve de vitesse (le 1er part 30e, etc.), ce qui ménage un suspense haletant jusqu’au dernier passage. D’autant plus que, comme nous l’a rappelé en point presse Frédéric Perrin, directeur équipe de France masculine du ski alpin à la Fédération Française de Ski : « On est sur un format particulier, une association avec une seule manche de slalom, il ne faut pas l’oublier. En slalom, il se passe toujours quelque chose sur l’enchaînement des deux manches ; là, il n’y en a qu’une. »
  • Stratégie : Le choix des binômes est crucial. Faut-il associer deux valeurs sûres ou tenter un « gros coup » avec un slalomeur de génie capable de remonter un retard massif ? C’est cet aspect stratégique qui rend cette épreuve si captivante.

L’enjeu pour aujourd’hui

Pour cette grande première olympique, tous les regards seront tournés vers la délégation suisse, grande favorite après son hégémonie en 2025. Mais attention à la France et à l’Autriche : dans ce format court et intense, la pression des Jeux peut bousculer la hiérarchie. Vigilance aussi face à l’Italie, à domicile, avec une équipe de vitesse très solide.

Cette course est aussi une belle occasion pour les slalomeurs de se tester sur la piste et d’évacuer une partie de la pression en vue de leur épreuve individuelle dans sept jours à Bormio pour les hommes.

Le clan tricolore : trois duos pour un exploit

Pour cette grande première olympique, l’encadrement français a décidé de jouer la carte de la spécialisation maximale.

  • Nils Allègre & Clément Noël : Le duo de choc. C’est la paire la plus attendue. Allègre, auteur d’un début de saison solide, doit rester au contact des meilleurs descendeurs et pourquoi pas les devancer.  S’il y parvient, il propulsera Clément Noël sur une rampe de lancement idéale. Le champion olympique de slalom est capable avec une manche stratosphérique de reprendre plus d’une seconde à n’importe qui sur une seule manche.
  • Maxence Muzaton & Paco Rassat : L’expérience au service du talent. Muzaton, le guerrier de la vitesse, apportera sa science de la glisse. À Paco Rassat de transformer l’essai en slalom, un exercice où il a prouvé qu’en position de « chasseur » il pouvait rivaliser avec les meilleurs.
  • Nils Alphand & Steven Amiez : La jeunesse et la fougue. Nils Alphand devra limiter l’écart et composer avec sa blessure à la main pour permettre à Steven Amiez de faire parler son agilité. Amiez, qui grimpe dans la hiérarchie mondiale, pourrait être la grande surprise de ce combiné.

Le pronostic de Top Ski News : Si les descendeurs franchissent la ligne à moins d’une seconde et demie de la tête, le talent de nos slalomeurs pourrait bien offrir à la France sa première médaille olympique dans cette discipline.

Article rédigé par Merlin Meignan, étudiant à l’emlyon business school et passionné de ski alpin.