Pierre Mignerey, Directeur Technique National, et David Chastan, Directeur ski alpin à la Fédération Française de ski, se sont exprimés suite à l’annonce des sélections ski alpin pour les JO 2026 à l’occasion d’un point presse.
Principaux extraits.
NOTA : cet article a été rédigé avant la réallocation à la France d’un quota supplémentaire en ski alpin masculin.
[Pierre Mignerey] La sélection filles
« Chez les filles, on a choisi de faire confiance à celles qui avaient montré des choses en Coupe du monde. Montrer des choses, pour nous, c’était au moins de marquer des points en coupe du monde. Avec un quota de huit, la sélection a été assez naturelle et assez facile à faire dans le sens où les lignes de force se sont dégagées assez rapidement. »
[Pierre Mignerey] La sélection hommes
« Chez les hommes le choix a été évidemment beaucoup plus compliqué et difficile, compte tenu des quotas et de la plus grande densité de résultats observée depuis le début de saison sur les différentes épreuves de coupe du monde.
L’objectif qui nous a toujours guidé au fil de la réflexion, c’est de maximiser le nombre de chances de médailles, car c’est là-dessus qu’on est attendu aux Jeux Olympiques.
Tout cela en tenant compte des top résultats qu’il y a pu y avoir pendant la saison, et des formats de course sur lesquels on a le plus de chances d’aller chercher des médailles.
Nous sommes arrivés à une stratégie avec trois slalomeurs, trois athlètes plus spécialisés vitesse et un géantiste. »
[Pierre Mignerey] Explications sur les quotas
« Le système de qualification visait à répartir 153 quotas, chez les hommes comme chez les femmes, avec un maximum de 11 athlètes par nation et par genre.
Ce système commence par le « basic quota », c’est-à-dire un quota par nation que toutes les nations sont susceptibles d’aller chercher. Des références sont fixées avec un certain nombre de points – 80 points sur les épreuves de vitesse et 120 points sur les épreuves de technique. Un athlète qui atteint ces points permet à sa nation d’accéder à un quota. Ce quota de base est la première façon de distribuer ces 153 quotas pour la Fédération Internationale de Ski.
Ensuite il y a un système assez complexe, qui permet d’avoir au maximum deux quotas supplémentaires par nation. Il est basé sur des athlètes classés dans le top 30 WCSL dans une discipline. Si vous avez un athlète dans le top 30 dans une discipline, ça vous donne un quota. Si vous en avez deux, vous en recevez deux et si vous en avez trois, vous n’en aurez toujours que deux puisque le maximum est plafonné à deux par nation.
Enfin le reste des quotas qui restent à attribuer est basé sur un classement réalisé en prenant en compte les deux meilleures disciplines à partir de la liste des points FIS Olympique. Ce système de points est également assez complexe : disons qu’il va donner un ranking et ensuite les quotas qui restent sont distribués en fonction de ce ranking si « les athlètes » n’ont pas été déjà utilisés pour attribuer des quotas auparavant !
C’est ce système qui a amené à recevoir un quota de 7 chez les hommes et de 8 chez les dames avec lequel nous avons dû composer pour faire notre sélection. »
NOTA : un communiqué de presse diffusé par le CNOSF ce lundi à 18h20 nous apprend que suite à une réallocation, la France va bénéficier d’un quota supplémentaire en ski alpin masculin. Le quota chez les hommes sera donc de 8 au lieu de 7.
[David Chastan] L’annonce de la non-sélection à Alexis Pinturault
« J’ai rencontré tous les athlètes concernés hier soir, en tout cas ceux que j’ai pu voir car je suis à Schladming. Certains concernés étaient à Kitzbühel.
Ce n’est jamais simple d’annoncer « une non-sélection ». Alexis l’a pris comme un grand champion. Quand on revient de deux ans de blessure, ce n’est pas simple. Il a tout mis de son côté pour essayer de faire les jeux… C’est aussi quelqu’un qui respecte le choix de sélection par rapport aux résultats.
Malheureusement, il y a des athlètes qui ont fait des meilleurs résultats que lui et au vu des places, on a été obligé de faire des choix. »
[David Chastan] L’annonce de la non-sélection à Thibaut Favrot.
« Il n’a pas pris la chose avec plaisir. Et moi, je ne l’ai pas annoncé avec plaisir. C’est toujours très dur d’annoncer cela à des athlètes, surtout quand ils ont fait des performances et qu’ils n’iront pas aux Jeux.
Je pense que c’est quelqu’un qui a du mental et du caractère et qui va nous le prouver, pas plus tard que demain. »
[David Chastan] Une sélection pour remporter des médailles. Combien ?
« En 2022, on a fait 3 médailles avec des athlètes mono disciplinaires. J’avais dit qu’on avait fait des jeux exceptionnels puisqu’on avait fait 3 médailles dans 3 disciplines. On part avec 7 garçons mais avec plus de résultats dans la globalité de la sélection.
Avec ces très bons résultats mais avec la concurrence, c’est toujours difficile de se projeter sur le nombre de médailles. Deux médailles, ce serait déjà des bons jeux pour les garçons. »
[Pierre Mignerey] Le système de calcul de quotas fait beaucoup discuter aujourd’hui. Des ajustements pour les prochains JO ?
« C’est clair qu’on fera des propositions en fin de saison. On a déjà quelques éléments en tête. Je vous en donne juste un pour un titre d’exemple. Sur le critère n°2, les listes WCSL, aujourd’hui, un athlète qui est dans les top 30 sur les WCSL dans deux disciplines peut ramener deux quotas. C’est le cas pour Lucas Braathen et Lara Colturi. Est-ce que cela a du sens ? Je pense que cela mérite d’être discuté.
Ces sujets sont discutés dans les comités au niveau de la FIS. La France prendra part à ces discussions et on est certain que la FIS elle-même aura aussi des choses à dire. »
[David Chastan] La sélection de Maxence Muzaton
« On savait que Maxence était bien aux entraînements depuis pas mal de temps. Il a montré certaines choses sur les courses. Il savait qu’il fallait qu’il fasse un podium pour être sélectionné. Et il l’a fait !
Maxence a toujours répondu présent. C’est quelqu’un sur qui on peut compter pour aller chercher une médaille. »
[David Chastan] Des athlètes expérimentés comme Alexis ou Victor pour conseiller pendant les JO…
« C’est en réflexion, c’est un peu frais encore parce qu’il faut qu’ils digèrent leur non-sélection. Sur la préparation des Jeux, on y a réfléchi.
On verra si eux se sentent prêts à le faire car c’est pas facile pour l’athlète non sélectionné, de venir dans une dynamique pour préparer les Jeux.
S’ils acceptent, ce sera avec plaisir. »
[David Chastan] La non-sélection d’Alban Elezi Cannaferina, pourtant très en forme et très polyvalent
« Un jeune qui arrive comme lui et qui performe à ce niveau-là, c’est très rare. Il est en train de faire une magnifique saison. Encore une fois, on est resté sur la logique des résultats, et il n’a pas fait de top 10.
Par contre, il se construit pour l’avenir, et il est en train de se construire très vite. »
Victor et sa candidature de porte-drapeau
« Sa candidature est retirée, du fait qu’il ne soit pas sur les sélections olympiques »










