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Ces photos qui nous font aimer le ski

Elles sont magnifiques et illustrent parfaitement la vitesse, la technicité, la beauté de ce sport qu’est le ski alpin. Derrière l’objectif, pour réaliser ces photos, on trouve au bord des pistes et dans les raquettes d’arrivée des courses de Coupe du monde une équipe de photographes talentueux.
Interview avec Michel Cottin, directeur de l’agence Zoom.

©Christophe Pallot/ Agence Zoom

Bonjour Michel. Pourriez-vous nous décrire les activités de votre agence Zoom ?

L’agence a été créée en 1984 à Serre Chevalier par deux passionnés de ski, Eric Page et Francis Bompard. J’ai intégré l’agence comme photographe en 1991. Nous sommes implantés à Grenoble et je dirige l’agence Zoom depuis 2009.

Au quotidien, nous sommes une agence photos de presse et de communication. Nous réalisons principalement du reportage sportif. Chaque année, les photographes de l’agence parcourent le monde pour réaliser environ 150 000 nouvelles photos. Autour de moi et de Francis Bompard, Zoom s’appuie sur 5 photographes français indépendants (Alain Grosclaude, Alexis Boichard, Christophe Pallot, Laurent Salino et Millo Moravski). Je fais également appel à deux autres photographes, l’un en Autriche, l’autre en Slovénie.

L’agence Zoom, c’est aussi un studio graphique (magazines, livres, …), un département vidéo que nous avons ouvert depuis 2 ans, un studio photo (packshot) et une activité de gestion de photothèques pour nos clients.

Quels sont les sports que vous couvrez ?

Notre activité principale, c’est le ski de compétition. En ski alpin, nous avons couvert 9 Jeux Olympiques, 15 Championnats du monde de ski alpin et plus de 700 épreuves de Coupe du monde.
Nous suivons aussi la moitié des courses de ski nordique et environ 40% du programme du ski freestyle.

Nous sommes également présents dans le cyclisme avec la réalisation de reportages sur le Tour de France, le Critérium du Dauphiné, Paris Nice, les grandes classiques de mars, le Tour de Provence, …

Qui sont vos principaux clients dans le domaine du ski alpin ?

Nos Clients sont de grands groupes comme Rossignol, Salomon, Head, Bollé, … ainsi que les sponsors des équipes de France de ski et les sponsors des athlètes français.

Pour l’international, nous avons un contrat avec Getty Images pour leur fournir toutes leurs photos ski. Pour la France, on travaille avec Presse Sports, l’agence du journal l’Equipe.

Et bien entendu, la Fédération Française de ski et la Fédération Internationale de Ski (FIS) qui sont à la fois partenaires et clients de l’agence.

Quelle est la journée type d’un photographe sur une course de coupe du monde ?

La journée démarre très tôt vers 6h00 car nous devons être sur la piste vers 7-8h. Nous commençons à déclencher nos boitiers lors de la Reco de la piste. On fait des images lorsque les athlètes inspectent le tracé. On en profite pour repérer les endroits intéressants de la piste en fonction de nos besoins et de ce que le tracé nous offre.

Sur une course de Coupe du monde, le photographe doit être en place obligatoirement une heure avant le départ de la course. Cela correspond au moment où un responsable FIS accompagné par un photo manager viennent valider la position où est installé notre photographe.

Pendant la course, notre photographe shoote les images des athlètes et les envoie en live vers un éditeur.

Une fois que la course est finie et les podiums terminés, il rejoint la salle de presse pour traiter ses photos.

A titre d’exemple, sur la Streif à Kitzbuhel, nous déployons 3 photographes, deux sur la piste et un sur l’aire d’arrivée.

Avant d’être autonome et lâché sur une saison de coupe du monde, un photographe doit compter deux à trois ans d’expérience. Connaitre les athlètes, les responsables de la FIS, le milieu coupe du monde : il y a beaucoup d’autres choses à maîtriser que les fondamentaux du métier de photographe pour bien réussir sa journée sur une course de Coupe du monde.


L’équipe Zoom aux JO de Pyeongchang en 2018. De gauche à droite : Alexis Boichard, Alain Grosclaude, Christophe Pallot, Michel Cottin, Laurent Salino. Absents sur la photo : Francis Bompard et Millo Moravski. Photo Copyright Agence Zoom

Comment sont transmises vos photos de compétition vers vos clients ?

Une fois la photo réalisée et sélectionnée par notre photographe, il dispose d’un système qui permet de la transmettre en temps réel via un dispositif utilisant la 4G. La photo est réceptionnée par un éditeur (qui n’est pas forcement présent sur la course) qui va ensuite la traiter, la légender et la publier sur la photothèque de notre agence.

Nos clients peuvent ainsi disposer de nos photos environ 5mn après le passage de l’athlète en course en se connectant à l’espace web qui leur est réservé sur notre photothèque.

Si vous deviez résumer l’agence Zoom en trois mots…

D’abord, performance parce que dans le milieu de la photo, l’agence Zoom réalise de très belles images et nous sommes performants face aux demandes de nos clients.

Ensuite fiabilité. Sur une course, quelles que soient les conditions, nos photographes sont toujours capables de ramener des images. Et quand nous sommes dans de très bonnes conditions, on arrive à faire de très belles images !

Enfin, notoriété parce que nous sommes l’agence officielle de la FIS et de la Fédération Française de Ski depuis de nombreuses années, ainsi que l’agence photo de Getty Images pour le ski. Nous travaillons aussi avec des groupes de renommée mondiale.

Que demandez-vous à vos photographes lorsqu’ils vont sur une course de ski alpin ?

Chacun de nos photographes a sa propre façon de faire et ses spécificités. Ce que je leur demande, c’est de faire des photos à leur façon tout en répondant aux besoins et aux demandes de nos clients. On arrive ainsi à proposer des points de vue très différents sur chaque course.  Quand un photographe qui ne peut pas bouger pendant toute la course sort trois photos différentes au même endroit, cela ne s’invente pas ! Il faut du vécu, du métier pour y arriver…

Vous avez lancé sur les réseaux sociaux la série « un jour, une image ». Quelle est la photo que vous avez réalisée et dont vous avez envie de nous parler ?

Il s’agit d’une photo que j’ai réalisée en 2002 dans l’aire d’arrivée du slalom hommes aux Jeux Olympiques de Salt Lake City. Ce choix était plus guidé pour le moment qui a été très fort pour moi que pour la qualité de la photo.

Le matin en arrivant, j’ai appris la naissance de mon fils ainé. Il y a eu ensuite ce doublé extraordinaire de Jean-Pierre Vidal et de Bastoune (Sébastien Amiez). Et j’ai pu faire cette photo (ci-après) dans l’aire d’arrivée, dans un endroit où je ne devais pas pouvoir accéder. Le soir, à l’espace France, je me suis retrouvé avec l’équipe de France pour fêter à la fois le doublé de JP et Bastoune ainsi que la naissance de mon fils !

Cette journée, c’était une énorme émotion. S’il y a une image dans ma carrière qui compte, c’est bien celle-là !


Février 2002 à Salt Lake City. Doublé français au slalom olympique pour Sébastien Amiez (à gauche) et Jean-Pierre Vidal (à droite). Une photo signée Michel Cottin – Copyright @Agence Zoom

Pourquoi avoir lancé cette initiative sur les réseaux sociaux ?

J’avais la sensation que pour le public faire des belles photos de ski, c’est au fond devenu normal. J’ai voulu montrer l’envers du décor de mon métier.

Car une belle photo de ski ne se réalise pas facilement. Le ski, c’est un sport compliqué à photographier.

L’athlète ne passe qu’une seule fois devant l’objectif et il ne faut pas se rater. Derrière une image il y a du travail, du vécu. Il faut se lever tôt, on est dans le froid, il faut attendre parfois longtemps… C’est beaucoup plus difficile de faire une image de course que d’aller faire une belle photo de poudreuse quand il fait beau et qu’il vient de neiger.

J’ai voulu remettre un peu l’église au milieu du village pour ces photos de ski qui sont produites et qui demandent un investissement et beaucoup de métier.

La saison de coupe du monde s’est arrêtée prématurément, les événements sportifs ont été stoppés depuis mi-mars : comment traversez-vous cette période inédite marquée par cette crise sanitaire sans précédent ?

Comme beaucoup d’entreprises de notre secteur, on essaye de vivre ce moment le moins mal possible ! Nos salariés ont été mis en chômage partiel de mi-mars à mi-septembre. Nous avons réduit nos charges au maximum et avons fait appel aux mesures d’accompagnement mises en place par l’Etat, comme par exemple le PGE.

Dans le même temps, nos clients ne sont pas faciles à joindre d’autant que leurs besoins sont tombés au plus bas. Pour la future saison de coupe du monde, il y a encore beaucoup d’incertitudes d’ici octobre.

Donc on fait le dos rond tout en restant présent avec des contacts réguliers avec notre éco-système.

Pour cette période de reprise progressive d’activité, quel est le message que vous avez envie de délivrer ?

On positionne très souvent l’agence Zoom autour du reportage sportif de haut niveau. Je profite de cette tribune pour indiquer que depuis plusieurs années nous nous sommes développés en dehors de ces grands événements.

Sachez que nous travaillons aussi au profit de clubs et de stations de sports d’hiver. Nous avons la capacité par exemple de réaliser des images (photo et vidéo) prises depuis un drone pour la communication institutionnelle. Nous réalisons aussi des reportages photos en entreprise. On essaye de travailler de plus en plus avec les communautés de communes, des bureaux d’études, des entreprises dans le secteur du BTP  qui sont implantées sur l’arc alpin, de Genève à Marseille…

Pour en savoir plus sur l’Agence Zoom : www.zoom-agence.fr