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Marie Marchand-Arvier : « Une saison très particulière et excitante »

Vice-Championne du monde de Super-G à Val d’Isère en 2009, Marie Marchand-Arvier assure aujourd’hui la responsabilité de la communication au sein du Comité d’Organisation de Courchevel-Méribel 2023. Marie partage pour TopSkiNews sa vision de la saison de Coupe du monde 2020/2021 avec un regard particulier sur le circuit féminin.

Copyright photo Agence Zoom

Peux-tu nous rappeler quelles sont les activités que tu exerces aujourd’hui ?

Depuis bientôt un an, je suis responsable communication au sein du comité d’organisation de Courchevel Méribel 2023. C’est dans ces deux stations qu’auront lieu en février 2023 les prochains championnats du monde de ski alpin.

Je suis aussi consultante ski pour Eurosport, c’est à dire que je commente les courses de ski alpin, plus particulièrement les courses de vitesse dames.

Tout au long de l’hiver, je suis activement le circuit féminin et masculin de la Coupe du monde.

D’une façon générale, quel regard portes-tu sur cette saison de Coupe du monde 2020-2021 ?

C’était quand même une saison très particulière. Les athlètes ont eu beaucoup de chance de faire un circuit quasiment normal même si on a assisté à un programme assez particulier avec de nombreux endroits où les courses ont été doublées.

J’ai trouvé que cette saison était très excitante d’un point de vue comptable, notamment pour la course au classement général. On a eu des prises de pouvoir par différents athlètes. On a vu des outsiders chez les filles venir titiller la reine Petra Vlhova. C’était vraiment très intéressant.

Si on parle plus spécifiquement de la vitesse dames, il y a eu un beau match avec des filles qui étaient en forme à un certain moment. Les mondiaux ont été dominés par Lara Gut-Beharami et ont permis aussi le « réveil » de la suissesse Corinne Suter.

Cette saison a vraiment été très excitante avec de belles courses et un intérêt grandissant pour la course aux globes au fur et à mesure que les courses se déroulaient. Contrairement à certaines saisons passées où des filles dominaient tout et tuaient le suspense, comme par exemple Mikaela Shiffrin où Lindsey Vonn à une autre époque.

Parlons maintenant de quelques skieuses en particulier. Commençons par Sofia Goggia qui a remporté le globe en descente malgré sa blessure. Qu’est-ce que cela t’a inspiré ?

C’est une fille qui est hors-normes ! Elle est pétillante, met beaucoup d’énergie et un engagement incroyable dans son ski. C’est un régal de la voir skier et de la commenter aussi. Ave elle, on est presque certain de son implication et de l’intensité qu’elle va mettre dans chacune de ses courses. C’est ainsi qu’elle gagne, mais aussi comme cela qu’elle s’est blessée. Elle n’a pas été chanceuse à Garmisch en se blessant après une longue journée d’attente !

Sa fin de saison a été très heureuse. Même si les deux courses de vitesse à Lenzerheide ont été annulées, Sofia Goggia s’est battue pour revenir et elle était d’attaque pour aller défendre son titre. Son globe de cristal est vraiment une belle récompense car elle le méritait largement.

C’est une athlète exceptionnelle. On a juste hâte de la voir dans deux ans à Courchevel Méribel 2023 !  

Copyright photo Sofia Goggia

Parlons maintenant de Lara Gut-Behrami : est-ce que pour toi, c’est la plus grosse surprise de la saison ?

Une surprise, non ! Il ne faut pas oublier que Lara a déjà remporté de nombreux globes et c’est également une athlète hors-norme. Elle est revenue en forme cette saison après quelques années difficiles. Ce n’est pas anodin car elle a fait ce retour par le géant où elle a été très performante notamment avec son titre de championne du monde à Cortina. Pour moi c’est grâce à cela qu’elle a construit sa performance sur toute sa saison.

Lara est aussi la reine du Super-G. Elle maîtrise parfaitement cette discipline et chaque fois qu’on la voit skier, cela parait tellement fluide et facile. Cela fait plaisir de la retrouver avec de belles couleurs, à ce niveau-là. 

Copyright Photo Pier Marco Tacca/Pentaphoto Cortina 2021

Et enfin Petra Vlhova qui a eu une saison en plusieurs épisodes. Quel est ton commentaire sur cette saison où elle réalise le rêve de toute skieuse ?

Elle a vraiment dominé le début de saison et on se demandait qui pouvait l’arrêter. On imaginait que Michelle Gisin pouvait le faire mais elle était déjà trop loin au classement.

Petra s’est investie dans toutes les courses avec des moments difficiles et au final elle a eu raison. Elle m’a beaucoup surprise en vitesse en étant capable de monter sur le podium en Super-G à Garmisch. En descente elle a réussi à marquer des gros points comme par exemple à Crans Montana.

Cette saison a permis aussi de montrer les qualités humaines de Petra qui a eu quelques points bas cet hiver. Elle a réussi à se remobiliser en fin de saison pour être extrêmement performante.

Cela a été un beau match à vivre et cela a montré que Petra est une grande championne.

Photo copyright Petra Vlhova

Qu’as-tu pensé de la saison de l’équipe de France féminine ?

Dans un premier temps, l’équipe de France a été orpheline d’une de ses meilleures cartes. Romane Miradoli, qui était en train de monter en puissance sur le géant, s’est blessée en décembre à Courchevel.

En vitesse, Tiffany Gauthier a été ensuite esseulée dans son rôle de chef de file. Sa saison a été très difficile émotionnellement, avec notamment sa course à St Anton où elle est passée tout près de l’exploit. Cela a été sans doute le tournant de sa saison. Si elle avait réussi à passer cette porte de Super-G, elle aurait pu engranger énormément de confiance et continuer sur une belle dynamique. Mais cela n’a pas été le cas et la suite a été compliquée pour elle.

Tessa est évidemment le leader de notre équipe de France féminine. C’est celle qui tire tout le monde vers le haut. Elle a l’expérience, elle nous a fait vibrer avec son retour en force en géant et cette bataille pour le globe de la spécialité. J’adore son ski et sa sérénité. Pour moi, les filles qui peuvent être performantes en géant ont beaucoup plus de facilité à l’être en vitesse. Tessa a une très belle carte à jouer dans l’avenir en Super-G.

Mais le niveau global de l’équipe de France féminine, ne nous le cachons pas, n’est pas excellent. C’est difficile à analyser d’autant plus que cela fait plusieurs années que cela dure. On attend beaucoup de ces filles, cela prendra du temps. Je sais trop ce que c’est qu’être attendue et d’avoir trop d’espérance sur des résultats,

Je me mets à leur place et cela ne doit pas être facile. Tessa Worley ne peut pas à elle seule tirer toute l’équipe de France vers le haut.  C’est aussi aux jeunes de s’inspirer de l’investissement que Tessa met dans son ski et dans son professionnalisme. 

Tu étais présente aux mondiaux de Cortina 2021. Qu’est ce qui a évolué depuis ceux organisés en France en 2009 à Val d’Isère ?

C’est difficilement comparable. Le côté sportif n’a pas changé. Il y a toujours des athlètes qui cherchent à être le plus performant possible. Ce qui n’a pas changer également, ce sont les athlètes qui tirent leur épingle du jeu sur la course d’un jour. Il y a aussi des leaders qui passent parfois un peu à côté de leur course !

Par contre, la dimension digitale n’existait pas à Val d’Isère. Notamment la puissance des sites internet qui parlent de l’événement, des médias qui diffusent de l’information et des réseaux sociaux qui donnent une dimension encore plus forte aux mondiaux de ski alpin.

La différence aussi et hélas, c’est qu’il n’y avait pas de public à Cortina. C’était vide et triste. Alors qu’à Val d’Isère c’était fou !

Marie Marchand-Arvier (à gauche) avec Perrine Pelen et Michel Vion à l’occasion de la conférence de presse Courchevel-Méribel 2023 à Cortina

Quel a été ton meilleur moment durant cette saison de ski alpin ?

C’est le doublé d’Alexis à Adelboden qui a été juste magnifique ainsi que l’instant où il remporte le gros globe en franchissant la ligne d’arrivée du géant à Lenzerheide. C’était l’accomplissement d’un objectif incroyable et cela a eu un impact très important pour notre sport.

C’étaient des moments très très forts.

La carrière de Marie Marchand Arvier en résumé

Vice-Championne du monde de Super-G à Val d’Isère (2009)

11 saisons en Coupe du monde et 177 départs

5 podiums